Il arrive tout souriant, il arrête son véhicule, baisse la vitre et dit : "hé, je te dois un cochon!"
On le regarde. "j'en ai un dans le coffre... Tu le veux? sinon, je l'emmène à la ficelle, il est petit, il a cogné contre, je l'ai chargé... Attends, je reviens, je vais le pendre."
Il est content le gars, il a un cochon de campagne dans sa voiture.
Ici, on parle de vignes, de tonneaux, de cuves, de lapins, on a les yeux qui brillent tellement il y a du thym. Il fait frais un peu, l'air est humide, on sent la pluie mais elle ne vient pas, pas encore. Il y a le chien à côté, le fils qui est chez mémé, la terre qui attend sous nos pieds, l'eau qui se boit dans les paumes des mains à la source. Dans la roche, au milieu de rien, du romarin. Des mûres qui grillent si tu les laissent un jour de plus. Puis le silence du vent. Les hautes-herbes qui dansent avec les oiseaux.
Il revient.
Il arrête son véhicule.
"Eh, tu sais quoi? J'ai ouvert le coffre : il s'est barré ce con! (il sourit)"
Des mots, des cahiers, des instants, des gens, des histoires, des souvenirs, des endroits... etc. Des hurlements sourds.
mercredi 25 septembre 2013
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