jeudi 29 août 2013

De la vie à la scène

C’est comme quant on entre dans la vie de quelqu’un, c’est bon d'accepter les signes qui nous disent qu'il est temps d'en sortir. 
Non pas pour tout oublier, mais pour s'autoriser à mieux continuer. 
Parce que c'est comme ça. 
Parce que les mains s’unissent lorsqu'elles qu'elles se sont choisies et non qu'elles se retiennent.

 Autrement, on s'arrache, ça fait mal aux doigts, ça peut faire basculer, et qu'en aucun cas, l'Amour n'est fait pour ça.
Aimer un autre, ce n'est pas le retenir, sinon au fond, ce n'est que l'Amour de Soi. 
Le théâtre ou le cinéma, c’est pareil. 


Chanter c’est autre chose encore, il faut s’autoriser à être devant, contrôler le son, la voix, il ne faut jamais arrêter ; arrêter d’aimer.
Plus jamais je n'aimerais comme avant. Car ce qui est de dur, ce n'est pas de faire, c'est de recommencer encore, tout reprendre, porter tout, donner tout ; tu as mal? Souris! Tu as froid? Transpire! Tu as besoin d'un verre d'eau? Avale ta salive.

Il y a tellement de gens qui aimeraient devenir artiste. D'ailleurs qu'est-ce que c'est un artiste? Une personne qui vit de ses créations, une personne qui fait de la création, une personne qui s'autorise de vivre dans une passion, qui fait rêver, qui estime qu'il est différent parce qu'il a un métier difficile et original, un orgueilleux, un fou, un solitaire, un populaire, un génie...?

Le plus dur ce n’est pas de jouer, c’est d’arrêter de jouer.

Des fois, il faut se regarder, faire le tour de soi, ne pas s'arrêter à son nombril. 
Et puis, quant on a assez vu en soi, on peut voir le monde en entier.




lundi 19 août 2013

Dans la caravane.

Elle avait des robes sombres, à fleurs. Dans sa chevelure rousse une barrette dorée mal attachée. Elle fumait beaucoup, des cigarettes  anglaises, brunes, au filtre coloré, rose, jaune, bleu clair, vert amande. A chaque infime mouvement des pieds, des poignets, une musique l’accompagnait. On l’appelle Isabelle, mais ce n’est pas son prénom. Elle est Russe. Deux beaux yeux en amande verts, tacheté de jaune. 
Un regard difficile à fixer profondément ; on s’y perd. On peut y voir la mer et marcher dans la montagne vertigineuse.
Ca sentait l’encens, un bol d’eau était posé sur une tablette en entrant ; elle m’a dit que c’était de l’eau bénite.
Elle m’a dit que j’avais des dons et qu’il était dommage de ne pas savoir s’en servir ; que ma force venait de mon travail et qu’il était trop tard pour revenir. Je n’ai pas compris.  
Note ! Oui, marque tout, car moi : je ne sais pas écrire. Tu ne payeras rien : donnes-moi ce que tu veux, j’avais 5francs suisse.
Elle m’a demandé des chiffres, des couleurs, des souhaits. J’ai répondu.
Elle m’a dit ceci.
« Tu dois être forte vraiment, mais à l’avenir, il faudra l’être encore plus. Tu n’es pas heureuse, pourtant tu pourrais : ici, (elle claque du doigt) ces 3 cartes me disent que quelqu’un te viendra toujours en aide, mais seul un homme sera a la hauteur de la situation. Il y a des déserts à traverser, tu auras faim et soif, ce sera long.
Mélange ce tas de cartes, main droite !  C’est la main qui fait.»
« Je travaille toujours les deux côtés lui dis-je…
« La gauche, c’est la main du cœur, qui va vers le cœur ; il y a quelqu’un pour toi, un seul, tu ne le sais pas encore, tu ne le connais pas. Il faudra attendre, tu n’es pas pressée ?
-non, ca va.
-Bien !! »
Après, je me suis perdue dans un tapis de velours Indien qui était encadré au mur, l’espace était étroit. Pas de meubles, pas de bibelots.
Méfie –toi des femmes. (Ha bein tiens, j’ai toujours cru l’inverse)
Il n’y a pas de problèmes dans ta vie, je vois que les astres sont avec toi ; Ils t’accompagnent. (Cool, c’est qui eux ?)
Il y a un homme que tu n’aurais jamais dû rencontrer. Mais il y en a un deuxième. Il est brun. (C’est vague) il est timide (ha ?!)
Il y a une femme à côté de lui, elle est en noir. Elle est mauvaise.
-Pour qui ?
-pour lui.
-C’est qui lui ?
-Tu ne le connais pas. Il va venir. Es-tu blonde vraiment ?
-non, brune : pourquoi?
-il est pour toi, tu es pour lui. Tu vas faire un déplacement avec lui, il va te demander… c’est possible ? Il va faire beaucoup d’effort pour vous, tu seras comme une reine. Mais il va falloir éviter qu’il pense que vous êtes incapable de construire votre vie sans lui, es-tu d’accord ?
-Heu… c’est difficile ca quant on aime je trouve… Il est bien ?
-Il est charmant.
-Non, je veux dire : il est solide, stable ?
-tu devras attendre.
-sinon, pour mon travail ?
-c’est lui.
-Ha… C’est embêtant ca.
-Pas si tu n’es pas pressée.
- je ne suis pas pressée non, mais si ca prend 20ans, bon : c’est long quant même.
-tu vas faire pleins de choses, tu vas apprendre, tu vas voyager, tu vas avoir une vie remplie, bien remplie … ici, on me dit : que la distance n’es pas un problème. »

 

Je suis sortie, il pleuvait.
J’ai marché longtemps. Je suis rentrée à l’hôtel, prit un bain. Le sommeil a été doux.
Le lendemain, ma camarade de scène avec qui je partageais la chambre me demande : alors ? Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
-Rien, enfin : pas grand-chose : j’ai rien compris …


Elle a vu une étoile dans sa boule de cristal.

samedi 17 août 2013

Au téléphone.

Je t’écris un bout de brouillon, un truc poétique qui se lit pas si t’es pas complètement au courant de tout. C’est venu petit à petit. Les sentiments, la nature, ton sourire. T’as rien pour moi et en même temps, je n’arrive pas à « aimer » quelqu’un d’autre. Hé bien, je voudrais un câlin. Une minute love-love, ici, dans nos bras. C’est possible ? De la tendresse. Après on verra. Enfin, tu verras. Moi, j’ai vraiment envie. Enormement besoin que de toi. Tu m’as jette un sort.

 Faudrait jeter les téléphones portables, construire des maisons en ordinateur injection éolienne pour réduire les virus et la consommation, regarder un soleil qui se lève, écouter les oiseaux qui pleurent dans les cages, serrer un enfant contre soi durant vingt-minutes alors que tu te vide de ton sang, suivre une étoile en courant, inventer des métiers qui se sont perdus, construire des bateaux pour les larmes qui coulent de tes joues, éteindre le feu de mes nerfs qui flanchent à chaque fois que je te dis que je t’aime mais que tu vois pas parce-que je te le dis pas en vrai, j’essaie de faire, j’y arrive pas. Il me manque tes bras.


Marre d’imaginer, de penser, ca bouillonne dans ma tête, j’ai un ventilateur à compression de vitesse illimitée avec un programme pulsion volcanique. Je te veux une minute. Ton souffle sur ma nuque, les camions qui passent derrière, sans doute un marteau-piqueur au bout de l’avenue qui passe, je ne sais pas trop en fait, je n’ai pas eu le temps de saisir l’ambiance en générale, très bref. « Allo ? » un temps. J’ai raccroché aussitôt. 
Mon téléphone sonne toujours quant je l’ai au fond du sac ou quant j’ai les mains remplies de paquet de provisions. Faut dire : je ne sais jamais quoi te dire. On ne déballe pas au téléphone comme ca. Je ne vais pas dire : « salut, tu vas bien ? Tu fais quoi ? J’ai pensé à toi hier (ho, la menteuse).

Tout le temps. Ca va peut-être m’aider de t’avoir entendu ? (tu parles, c’est pire).

Je vais passer par quoi? Tiens, des fleurs! en espérant que tu n'es pas allergique au pollen.
je t'invites! Ca, le top. Faudrait un bon thème pour que tu viennes dans ma maison. Un anniversaire? pas mal du tout ca.

   
 Un nouveau. Un an de  plus. Ca me fait comme le nouvel an : ce n’est pas une année qui finie, ni une autre qui commence. C’est en continu. Que dire ?
Joyeux annif : merci ! Merci la vie. 

Faut dire : on ne sait jamais si on dérange ou pas quant on appel l'amour, parce qu'on ne sait pas si la personne au bout du fil a envie. Faut attendre le bon moment.

Un jour, je vais tomber dans tes yeux, je vais nager. On prendra une bouée en option siège injection automatique, direction le sable qui gratte et pique sur une serviette de chez ikéa recyclable.

Plus tard, on se rappellera.




LE DIABLE AU CUL

Il est impulsif. Des coups de têtes, voir des coups de gueule. Ca peut déstabiliser. Il est mal dans son slip. Quant il a l'amour devant...