mercredi 2 octobre 2013

Dans ma vie.

J’ai envie de te découvrir, d’enlever Badoo et le grand méchant loup, car je n’ai pas peur. Je n’ai pas envie d’amour sur Meetic, pas plus que de t’écrire pendant 6mois sur Skype. J’ai envie que de toi, d’ailleurs je n’ai que toi dans mes contacts.
Tu me crois ou pas, j’ai les mains qui me démangent de saisir ton béret, envie de sucrer ta peau en bande dessinée. Je ne sais pas pourquoi : t’as fait un tilt dans ma vie. Je serais bien partie voir Libreville au Gabon, devenir ta copine. J’ai les pieds plats, le service militaire pour moi, c’est raté, j’ai plus qu’à te regarder.
Je me sens seule quant tu  ne réponds pas à mes messages, t’es le premier mec avec qui j’ai jamais tenu autant d’attention, je me sens à toi. Je sais bien que ce n’est pas la distance qui peut nous compliquer la vie, c’est plutôt la vie qui a cette distance. Après tout : t’es pas obligé de répondre, peut-être que ça te fais mal aussi ? On est tous fragiles devant les sentiments. T’as des belles fossettes sur les joues, t’as l’air joueur et j’ai tellement besoin de vivre un peu un rêve. Le seul que j’ai toujours voulu : un mec qui ne regarde pas que mon cul, qui regarde mon cœur.  

On dit que les gens ont peur d’aller au bout de leur rêve, mais c’est parce qu’ils sont frustrés de la routine. Nous, on connait pas la routine. On aimerait se poser un peu.
C’est à chaque fois pareil, dans ma vie, quant un truc bien arrive, il doit s’en éloigner. Je te fais confiance, parce que si tu veux y croire, on va s’éclater tout les deux. J’aime bien, t’es direct, franc, ca me plait. Te ferais un câlin comme t’as jamais eu, suis très douce quant j’aime. Je ne fais pas les choses à moitié : j’aime ou je n’aime pas.
Te demandes rien, si : juste un truc ; viens me voir si jamais je ne peux pas venir, parce qu’il faut qu’on se voit, un jour, deux jours, autant qu’on pourra. Je ne veux pas rater ca. Tu peux m’oublier, mais n’oublies pas cela : ne pas passer à côté de moi sans t’arrêter. Parce que le temps, il ne se rattrape pas.


Je ne suis pas une super nana : timide, solitaire, réservée, bohème, rêveuse, révoltée, soucieuse, anxieuse des fois, mais j’ai  quelque chose d’unique, pleins de grains de beauté ; je veux des bisous sur chaque grains de beauté, même si tu t’es pas rasé, je m’en fou si ca pique un peu.   Je veux que tu dormes avec moi, t’entendre ronfler me dérangera pas ; non, je ne supporte pas parce-que je ne vais pas dormir moi. Je passe des nuits blanches depuis trop longtemps de toute façon, au moins tu seras avec moi. Et puis, si tu veux, on ira au parc avec ma rose, tu sais ?

 Oui, c’est une princesse. Je suis sure qu’elle va t’aimer comme un roi. Je veux être ta fée. C’est toi que je veux tu m’as écrit : c’est fait. Attendons le mois de Mars. Je t’attends. Je suis pas pressée, des princes j’en ai autant que j’en veux, au rayon biscuit. T’en as de la chance : le sais-tu ? Connectes-toi plus souvent, je t'envoies des bisous, pleins : bon voyage !



Ce n’est pas de vieillir qui fait peur, c’est le temps qui passe.
C’est en posant la brosse à dent que j’ai repensé à ça. L’odeur du dentifrice ? Non ; Un goût. Peut-être. Je passais ma langue sur toutes  les dents, une à une,  ça glisse, c’est propre. C’est doux.
On avait mangé un sandwich dans une cafeteria à côté de But, le marchant de meuble qui  dit « on s’y retrouve tous ». Ils avaient installé des grands drapeaux rouges, ils flottaient au vent, j’avais l’impression d’avoir atteint un but.
Et puis, tout est allé très vite, j’étais fatiguée, j’avais envie d’aller au toilette, une envie qui est en bas, puis qui monte très vite à la tête.
Donc, on est allé là ; c’était sympa. La déco, je m’en souviens plus. Je regardais tes bagues aux doigts, tes mains, tes yeux, ton sourire, la forme de ton visage ; je parlais, je n’arrêtais pas. J’avais besoin de te voir, de te parler. La timidité te fait faire des choses des fois que tu n’analyse pas de suite, c’est bien après que tu arrives à comprendre. T’étais calme. Des beaux yeux verts. Je ne les avais jamais vus de si près encore. J’avais une robe noire et blanche, des collants, mon blouson ; j’avais peur de pas te plaire. Je ne savais pas comment faire. Une heure, ça passe vite, t’as pas le temps de voir tout, de tout dire.
C’était quand j’ai mangé la tarte aux pommes. J’aime bien avec le café. Pas mal du tout. La tarte ? Non : tout ça.
C’était en suspension. J’avais l’impression que tu me regardais ; ça faisait du bien.
J’avais la sensation qu’on était bien. Qu’on se connaissait depuis toujours ; mais on savait rien de nous.
Je voulais savoir de toi.

C’est le goût du sandwich, le café, ton odeur, ton pull, ta nuque, tes yeux, ta langue, ta main qui retient mon poignet… cet instant précieux.   Ça m’a  fait passer la langue sur mes dents après le dentifrice.  C’était le goût du bonheur, de la douceur, du bien-être.  A ton retour ! A notre étoile. Elle brille encore. reprends ton parachute, envoles-toi dans la joie, mon coeur est à toi. Tout ce chemin, je n'en suis qu'à la moitié, je l'ai fait pour se retrouver : tant pis si tu l'as pas vu, compris. Je n'ai pas peur ; juste envie de toi. Simplement cela.
Je n'attends rien de toi, je t'attends. 

mercredi 25 septembre 2013

Au village d'en haut.

Il arrive tout souriant, il arrête son véhicule, baisse la vitre et dit : "hé, je te dois un cochon!"
On le regarde. "j'en ai un dans le coffre... Tu le veux? sinon, je l'emmène à la ficelle, il est petit, il a cogné contre, je l'ai chargé... Attends, je reviens, je vais le pendre."


Il est content le gars, il a un cochon de campagne dans sa voiture.
Ici, on parle de vignes, de tonneaux, de cuves, de lapins, on a les yeux qui brillent tellement il y a du thym. Il fait frais un peu, l'air est humide, on sent la pluie mais elle ne vient pas, pas encore. Il y a le chien à côté, le fils qui est chez mémé, la terre qui attend sous nos pieds, l'eau qui se boit dans les paumes des mains à la source. Dans la roche, au milieu de rien, du romarin. Des mûres qui grillent si tu les laissent un jour de plus. Puis le silence du vent. Les hautes-herbes qui dansent avec les oiseaux.
Il revient.
Il arrête son véhicule.
"Eh, tu sais quoi? J'ai ouvert le coffre : il s'est barré ce con! (il sourit)"

jeudi 12 septembre 2013

Dans ta vie.

Tu veux tout savoir? Tu veux que je te dise... T'as peur. T'as la trouille de te prendre un râteau. T'as trouver une ampoule, tu veux brancher pour éclairer, t'as tout ce qu'il faut, sauf que t'as peur de prendre le cours-jus.
C'est nul.
Si tu penses que c'est la lumière de ta vie, éclaire-la. Dis-lui, elle le voit pas.
Ca sert à rien de penser, agit.
T'as tout à donner, sauf les mots. Laisses-toi aller.
Je t'aide ou pas là?

Il est triste.
Ses yeux bleus sont dans une vague. Il sourit pas. Il boit un verre de vin blanc.

D'un coup, il me dit : "mais je vais arrêter là."

Tu vas faire quoi? Dire à ta femme que tu n'es pas satisfait de cette vie, la tromper (bah, elle le sait bien), partir à Bilbao danser avec le petit chaperon rouge? Arrêtes de dire ça : je vais arrêter! Tu continues et tu prends ta bagnole, tu vas la voir, et tu lui dis : je sais bien que c'est toi la lumière de ma vie.

Il me regarde. Je le fixe.
C'est beau les yeux bleus, y a pas à dire.

Et après tu lui dis : je suis sérieux, j'ai envie de t'aimer, je veux être avec toi.

Si elle le voit pas là, elle entendra.


"Et après?"
Hé bien : je ne sais pas, vous sortez, vous faites l'amour, du jardin, des bisous, un bain, des câlins, de la tendresse... tu veux que je t'aide?
"J'ai la trouille du rejet."
"Hé bien, si il faut elle t'aime, elle voudrait bien et du coup comme t'es avec ta femme, elle croit que tout va bien, elle dit rien, elle te dévore, et tu le vois pas. Parce que t'es amoureux, et que t'es pas disponible, que tu dis rien, que tu montres pas.
"oui."
"Il faudrait te connaître ; elle te connait pas bien."
"Et après?"
"Après quoi?"
"Alors après... après, si tu dois tout prévoir c'est chiant tu sais. T'es triste tu sais. On aimerait te voir heureux. Quant tu la regarde : y à un truc. Elle le sait pas je te dis. Elle le voit pas. Une femme si c'est pas une garce ou une manipulatrice, si elle respecte ta vie, elle verra jamais l'amour caché d'un homme ; surtout si il est en couple. Elle est seule, déjà : t'as un souci en moins. Et puis, c'est pas une fille qui va partout, elle est bien. Profite!

Alors il allume une cigarette.

Il regarde je ne sais pas quoi, ni où.

Il dit rien.

Et le vent s'installe dans une mèche de mes cheveux.

"Tu sais, si j'avais pu te rencontrer avant elle, on aurait pu avoir une relation ensemble."


Là, j'ai eu un vide. J'ai enfilé mon maillot, prit ma serviette, j'ai étalé de la crème, j'ai construit un château de sable dans le bac à sable, avec une pelle, un sceau et un vrai râtau.





samedi 7 septembre 2013

Dans les rues

Boulevard. Avenue de la Gare.
Les gens, une pute de luxe, un type en vélo, je sais pas où tu es... je cherche. Un vélo blanc, un tee-shirt d'une marque de whisky. Je te vois pas. Tu m'as dit : je suis devant, je t'attend. Moi aussi.
Un type me demande "vous auriez un euro pour payer mon billet?" "ha non." J'ai une tête a avoir du fric moi, on ne demande qu'à moi, je l'ai souvent remarqué ça. Bon, je rentre dans les réservations, y à un vélo. Jaune.
Pas là le gars.
Je sais pas comment tu es : t'as l'air sympa. Très. On marche ensemble, enfin presque. Je te fais passer par là, c'est chouette les raccourcis, j'en connais pleins. Et puis ici, c'est vert. Besoin de campagne, de forêt, d'arbres. Quant je pense à tous ces livres qu'on épluche... ces litres d'encre marine qu'on utilise. La rétine des pupilles qui se débine. Les fautes de frappes qui tapent pas comme un coup de poing avec un gant de boxe. Les mots qu'on comprends pas et qu'on oublie de noter pour regarder le sens exact. Les mauvaises couvertures qui font froid. L'odeur d'un livre : ce que je choisis toujours quant j'en cherche lentement un qui me conviendrait. Le dernier que j'ai lu m'a fait chialer du début à la fin.

Avenue. J'en peux plus.
Le bruit, l'odeur, mes pieds, le dos, fait chaud.


Tout au bout, il y à le bistrot ; non, j'ai arrêté. Je n'y vais que par obligation. Ou alors si il y a du jazz. Ca sert à rien le jazz, surtout dans un café. Faut écouter, ça joue à fond : ils s'embrouillent pas les types avec leurs notes de musiques ; parce-qu'ils s'écoutent quant ils jouent.

Rue. Y'en a presque plus. Des petites. Des routes de charrettes. Même en poussette, c'est étroit. Quant tu penses qu'ici c'était une avenue, avec des commerçants, des écoles, des chevaux, des gens. Maintenant, il n'y a plus rien. de temps en temps, une femme jette un sceau par la fenêtre... Tu peux marcher dans une crotte aussi.
Non mais, la gare, j'aime bien. Les trains surtout. Ca me rappelle tous ces voyages. Ces notes. Les  plans. Les journaux. J'en ai lu, pfiou... dix heures de train, ça occupe. Sinon, faut dormir avec le bruit (et j't'emmènes, et j't'emménes...etc) souvent, dans le train c'est le monde qu'on trouve sur un siège.

La culture des fois c'est grave.

Le réveil marque 88 :88.

L’électricité a pété un plomb. On ne se lève pas aujourd’hui. On regarde le monde.
Depuis toujours, on me dit c’est la crise. Nous sommes des enfants de la crise.
On n’a pas de boulot, on s’inscrit sur pôle gla-gla, ce cher marchand du travail qui nous dit : tapez 1, tapez 2, tapez 3… tapez. Le 08, appel surtaxé suivant le coup de votre opérateur. Et pour ne plus écouter ce message tapez étoile. Tapez !
Sinon tapez sur un ordinateur quand on n’a pas d’argent pour en acheter un, même à crédit _ comme tous. Où le crédit remplace le crédit. Tapez le code magique.
Devant le collège, une gamine parle devant son écran tactile portable à 299,99euro. Sans forfait. Si jamais il tombe au sol... C’est la crise de nerfs.
On ne se parle plus, on se sms et du coup : on ne comprend pas.
« Tu es venue hier »
Euh… c’est une question? Où pourrait-on me voir si je n’y suis pas allée?
C’est les 35H du métro, boulot, dodo.
Le pouvoir d’achat est en baisse, on baise le logement, on bise par Skype, on boude en bus, on bouge au super marché hyper, on passe à la télé par sms, on pousse partout et on pisse en l’air.
On espère positiver au carrefour, on gifi rien aujourd’hui, on est cool, lol.
Vive l’Europe et ses batailles. Tous ces militaires engagés qui vont crevés, Français pour tirer, Européens pour se planquer. Les fonctionnaires sont les plus défavorisés ; ne voyez-vous pas que s’ils s’arrêtent de travailler, ils n’ont droit à rien ? Les pauvres. C’est pour ça qu’il faut vérifier s’ils ont bien fait leurs boulots : ils ne sont pas motivés. Ils n’ont pas envie de bosser. Faut passer derrière.
Enfin, restons à la campagne avec Martine. Sa vache n’est plus folle, ouf.
Du coup, on bouchonne ailleurs : les routes regorgent d’embouteillage, du co-voiturage au taxi de nuit, des agriculteurs aux routiers internationaux, du smicard au big boss, même les plus vieux des métiers du monde se trouvent au bord de la route.

On est bien obliger d’avancer si l’on veut s’en sortir. Sortir du lot. Un filet garni pour une retraite à 88,88 ans. 

jeudi 29 août 2013

De la vie à la scène

C’est comme quant on entre dans la vie de quelqu’un, c’est bon d'accepter les signes qui nous disent qu'il est temps d'en sortir. 
Non pas pour tout oublier, mais pour s'autoriser à mieux continuer. 
Parce que c'est comme ça. 
Parce que les mains s’unissent lorsqu'elles qu'elles se sont choisies et non qu'elles se retiennent.

 Autrement, on s'arrache, ça fait mal aux doigts, ça peut faire basculer, et qu'en aucun cas, l'Amour n'est fait pour ça.
Aimer un autre, ce n'est pas le retenir, sinon au fond, ce n'est que l'Amour de Soi. 
Le théâtre ou le cinéma, c’est pareil. 


Chanter c’est autre chose encore, il faut s’autoriser à être devant, contrôler le son, la voix, il ne faut jamais arrêter ; arrêter d’aimer.
Plus jamais je n'aimerais comme avant. Car ce qui est de dur, ce n'est pas de faire, c'est de recommencer encore, tout reprendre, porter tout, donner tout ; tu as mal? Souris! Tu as froid? Transpire! Tu as besoin d'un verre d'eau? Avale ta salive.

Il y a tellement de gens qui aimeraient devenir artiste. D'ailleurs qu'est-ce que c'est un artiste? Une personne qui vit de ses créations, une personne qui fait de la création, une personne qui s'autorise de vivre dans une passion, qui fait rêver, qui estime qu'il est différent parce qu'il a un métier difficile et original, un orgueilleux, un fou, un solitaire, un populaire, un génie...?

Le plus dur ce n’est pas de jouer, c’est d’arrêter de jouer.

Des fois, il faut se regarder, faire le tour de soi, ne pas s'arrêter à son nombril. 
Et puis, quant on a assez vu en soi, on peut voir le monde en entier.




lundi 19 août 2013

Dans la caravane.

Elle avait des robes sombres, à fleurs. Dans sa chevelure rousse une barrette dorée mal attachée. Elle fumait beaucoup, des cigarettes  anglaises, brunes, au filtre coloré, rose, jaune, bleu clair, vert amande. A chaque infime mouvement des pieds, des poignets, une musique l’accompagnait. On l’appelle Isabelle, mais ce n’est pas son prénom. Elle est Russe. Deux beaux yeux en amande verts, tacheté de jaune. 
Un regard difficile à fixer profondément ; on s’y perd. On peut y voir la mer et marcher dans la montagne vertigineuse.
Ca sentait l’encens, un bol d’eau était posé sur une tablette en entrant ; elle m’a dit que c’était de l’eau bénite.
Elle m’a dit que j’avais des dons et qu’il était dommage de ne pas savoir s’en servir ; que ma force venait de mon travail et qu’il était trop tard pour revenir. Je n’ai pas compris.  
Note ! Oui, marque tout, car moi : je ne sais pas écrire. Tu ne payeras rien : donnes-moi ce que tu veux, j’avais 5francs suisse.
Elle m’a demandé des chiffres, des couleurs, des souhaits. J’ai répondu.
Elle m’a dit ceci.
« Tu dois être forte vraiment, mais à l’avenir, il faudra l’être encore plus. Tu n’es pas heureuse, pourtant tu pourrais : ici, (elle claque du doigt) ces 3 cartes me disent que quelqu’un te viendra toujours en aide, mais seul un homme sera a la hauteur de la situation. Il y a des déserts à traverser, tu auras faim et soif, ce sera long.
Mélange ce tas de cartes, main droite !  C’est la main qui fait.»
« Je travaille toujours les deux côtés lui dis-je…
« La gauche, c’est la main du cœur, qui va vers le cœur ; il y a quelqu’un pour toi, un seul, tu ne le sais pas encore, tu ne le connais pas. Il faudra attendre, tu n’es pas pressée ?
-non, ca va.
-Bien !! »
Après, je me suis perdue dans un tapis de velours Indien qui était encadré au mur, l’espace était étroit. Pas de meubles, pas de bibelots.
Méfie –toi des femmes. (Ha bein tiens, j’ai toujours cru l’inverse)
Il n’y a pas de problèmes dans ta vie, je vois que les astres sont avec toi ; Ils t’accompagnent. (Cool, c’est qui eux ?)
Il y a un homme que tu n’aurais jamais dû rencontrer. Mais il y en a un deuxième. Il est brun. (C’est vague) il est timide (ha ?!)
Il y a une femme à côté de lui, elle est en noir. Elle est mauvaise.
-Pour qui ?
-pour lui.
-C’est qui lui ?
-Tu ne le connais pas. Il va venir. Es-tu blonde vraiment ?
-non, brune : pourquoi?
-il est pour toi, tu es pour lui. Tu vas faire un déplacement avec lui, il va te demander… c’est possible ? Il va faire beaucoup d’effort pour vous, tu seras comme une reine. Mais il va falloir éviter qu’il pense que vous êtes incapable de construire votre vie sans lui, es-tu d’accord ?
-Heu… c’est difficile ca quant on aime je trouve… Il est bien ?
-Il est charmant.
-Non, je veux dire : il est solide, stable ?
-tu devras attendre.
-sinon, pour mon travail ?
-c’est lui.
-Ha… C’est embêtant ca.
-Pas si tu n’es pas pressée.
- je ne suis pas pressée non, mais si ca prend 20ans, bon : c’est long quant même.
-tu vas faire pleins de choses, tu vas apprendre, tu vas voyager, tu vas avoir une vie remplie, bien remplie … ici, on me dit : que la distance n’es pas un problème. »

 

Je suis sortie, il pleuvait.
J’ai marché longtemps. Je suis rentrée à l’hôtel, prit un bain. Le sommeil a été doux.
Le lendemain, ma camarade de scène avec qui je partageais la chambre me demande : alors ? Qu’est-ce qu’elle t’a dit ?
-Rien, enfin : pas grand-chose : j’ai rien compris …


Elle a vu une étoile dans sa boule de cristal.

samedi 17 août 2013

Au téléphone.

Je t’écris un bout de brouillon, un truc poétique qui se lit pas si t’es pas complètement au courant de tout. C’est venu petit à petit. Les sentiments, la nature, ton sourire. T’as rien pour moi et en même temps, je n’arrive pas à « aimer » quelqu’un d’autre. Hé bien, je voudrais un câlin. Une minute love-love, ici, dans nos bras. C’est possible ? De la tendresse. Après on verra. Enfin, tu verras. Moi, j’ai vraiment envie. Enormement besoin que de toi. Tu m’as jette un sort.

 Faudrait jeter les téléphones portables, construire des maisons en ordinateur injection éolienne pour réduire les virus et la consommation, regarder un soleil qui se lève, écouter les oiseaux qui pleurent dans les cages, serrer un enfant contre soi durant vingt-minutes alors que tu te vide de ton sang, suivre une étoile en courant, inventer des métiers qui se sont perdus, construire des bateaux pour les larmes qui coulent de tes joues, éteindre le feu de mes nerfs qui flanchent à chaque fois que je te dis que je t’aime mais que tu vois pas parce-que je te le dis pas en vrai, j’essaie de faire, j’y arrive pas. Il me manque tes bras.


Marre d’imaginer, de penser, ca bouillonne dans ma tête, j’ai un ventilateur à compression de vitesse illimitée avec un programme pulsion volcanique. Je te veux une minute. Ton souffle sur ma nuque, les camions qui passent derrière, sans doute un marteau-piqueur au bout de l’avenue qui passe, je ne sais pas trop en fait, je n’ai pas eu le temps de saisir l’ambiance en générale, très bref. « Allo ? » un temps. J’ai raccroché aussitôt. 
Mon téléphone sonne toujours quant je l’ai au fond du sac ou quant j’ai les mains remplies de paquet de provisions. Faut dire : je ne sais jamais quoi te dire. On ne déballe pas au téléphone comme ca. Je ne vais pas dire : « salut, tu vas bien ? Tu fais quoi ? J’ai pensé à toi hier (ho, la menteuse).

Tout le temps. Ca va peut-être m’aider de t’avoir entendu ? (tu parles, c’est pire).

Je vais passer par quoi? Tiens, des fleurs! en espérant que tu n'es pas allergique au pollen.
je t'invites! Ca, le top. Faudrait un bon thème pour que tu viennes dans ma maison. Un anniversaire? pas mal du tout ca.

   
 Un nouveau. Un an de  plus. Ca me fait comme le nouvel an : ce n’est pas une année qui finie, ni une autre qui commence. C’est en continu. Que dire ?
Joyeux annif : merci ! Merci la vie. 

Faut dire : on ne sait jamais si on dérange ou pas quant on appel l'amour, parce qu'on ne sait pas si la personne au bout du fil a envie. Faut attendre le bon moment.

Un jour, je vais tomber dans tes yeux, je vais nager. On prendra une bouée en option siège injection automatique, direction le sable qui gratte et pique sur une serviette de chez ikéa recyclable.

Plus tard, on se rappellera.




mardi 9 juillet 2013

Chez lui.

C'est grand. Ce qui fait, que quant je suis dans la cuisine à chercher un plat qui convient : je dois monter sur la chaise pour le saisir. Mes yeux tombent souvent sur une photo de mariage encadrée dans le couloir ; c'est comme si ce cadre était puni. Il est là, dans la pénombre légère, il attend qu'on allume la lumière. Une fois, je l'ai décroché, il y avait ceci d'écrit :
 "Isabelle, putain quant j’te vois , j’ai les abeilles, j’te jure : t’es belle, tu m’énerve, suis toujours en veille
Ça picote partout, j’ai envie de miel, de tes cheveux, une tartine avec du beurre, j’te jure j’en chialerais de bonheur. J’veux ton cœur, j’ai les couilles qu’en peuvent plus.
Isabelle, putain qu’t’es belle, j’te roulerais des pelles et des tracteurs si tu voulais un peu, manger ta chatte, à genoux, comme un fou, j’m’en fou, suis fou.
Isabelle, sabelle, Isabelle … j’peux pas l’cacher.
Faisons nous des vacances, allons voir tes caprices au soleil, vivons à St Supplice
Pour que j’t’émerveille, si tu veux, de suite, oui vite, j’ai mal à l’orbite, le doute t’habite ? le doute, ma bite.
Tirons-nous mon hirondelle, viens voir mon nid, l’essaim, hooo oui tes seins aussi, j’ai les abeilles, Isabelle, putain quant j’te vois, je bande, j’ai la gaule, c’est comme le barreau d’une prison,  t’es dur, non c’est ça, enfin c’est là, tu vois ?
Tu comprends que j’peux plus attendre, j’ai faim, j’ai mal, t’es pas un casse-dalle non, c’est que ma mécanique elle en peut plus, suis pas un bon mécano,… Heu non-non suis pas crevé et tu s’ras jamais une roue de secours, au secours, aide-moi, aimes-moi ou m’aimes pas… non pas ça ! rhaaalala, Isa… J’ai des abeilles que pour toi.
J-P S."

 Rue du Savon. Avant j'étais à rue du Château. Après j'irais rue de Paris. Et puis plus tard : rue des Farines. Drôle de nom pour une adresse postale. Je refais l'appartement, oui : j'aime bien.
 Je préfère la peinture au ponçage, non, on s'en met dans les narines : c'est fou. Dehors, sur la terrasse, on a poser presque tous les meubles. C'est camping quatre étoiles ici ; la rue du savon a besoin d'un bon coup de dépoussiérage mais bon : on est content quant les murs sont bien blancs. C'est une belle lumière. Il y a une cheminée, il me tarde le feu dans l'âtre. Ces petites étincelles me font toujours mal aux yeux, mais c'est bien mieux qu'une émission de télé. Enfin, d'ici là... D'ici là, il a trouver une autre. 
Là, il a quitté cet appartement pour aller à l'autre bout de la terre. Et ici, c'est déjà ailleurs pour moi. Il aime l'art. Ce qui fait que je m'ennuies pas avec lui.



 On discute. 
Là, j'écris depuis ; plus envie de parler après lui. Il a cette façon décontractée de se tenir, de parler, relax. C'est que je n'en ai pas l'air, je suis une perpétuelle anxieuse. Je ne dis rien, je souries, mais l'angoisse me ronge. C'est ma nature. Il le sens toujours. Lui, c'est son mal de tête ; il aime alors poser un bandana autour, ca lui fait du bien. La dernière fois, il mangeait des raviolis, froids, je regardais le couvercle de la boîte ouverte et la fourchette plantée. Je lui tend son bandana. Il me regarde et me dit : ha merci! comment tu sais que j'ai mal à la tête? Je lui ai répondu : je l'ai senti, je ne sais pas, envie de t'aider aussi. C'est ca en fait, dès que tu commence à comprendre quelqu'un, tu te rends compte que t'es plus dans l'état d'esprit du bonheur. Embêtant ca hein? Deux semaines après, on s'est séparé pour ne plus jamais se revoir. J'ai gardé son bandana durant quelques temps du fait. Je l'ai perdu aussi, je ne sais plus où. J'ai aimé son odeur un temps, il y avait de la violette et du jasmin. Il aimait bien parfumer son appartement.

mardi 2 juillet 2013

Bruxelles

Ca, c'est pour ceux qui n'ont jamais cru en moi, ou ceux qui préfèrent mes échecs, ou ceux qui parlent en mal dans mon dos, trafiquants colporteurs de mensonges, arrangeurs de vérité, voleurs d'idées, hypocrites, vicelards, jaloux, égoïstes, faux amis, méchants et cyniques. Cette année, je n'ouvre mes bras qu'aux gens bienveillants, aux conseils constructifs, aux coups de mains nécessaires, aux visites inattendues, aux coups de fil sincères, même si c'est juste pour me demander 'quoi de neuf ?'. À la vérité, à la grâce, à la pureté d'esprit, à l'amitié, à l'amour, aux moments précieux. Tchin ! Vous voulez des confettis, ramassez-les ici.
Le pays du bon chocolat, des frites, Chez Flo : les artistes y sont de passages mais vous verrez des numéros extraordinaires. Dalida y vient, Madonna aussi, le sosie de Patricia Kaas ne chante pas mais elle danse avec des tétons pointus (sans y mettre de glace dessus), si je l'assure : je l'ai vu ; il y a Chochonet qui danse autour de Nina Hagen et Brigitte Bardot vient la semaine prochaine. Ca fait rêver non?
Si un rêve devient réalité, la réalité est un rêve. Si une réalité devient un rêve, la réalité peu devenir un cauchemar? Alors, on rêve. Les yeux ouverts parce-qu'on ne peut pas dormir. Les yeux clos aussi pour ne pas voir la réalité. On éteint la lumière à l'intérieur de soi pour y découvrir une parcelle de celui-ci ou celle-là. On allume le plafonnier de l'autre pièce, celle qu'on aimerait bien voir. On entend des bruits, la radio qui bidouille un air qu'on ne connait pas et pourtant... il sonne bien cet air bidon. On retourne au salon, on ouvre la porte, on voit la voisine et la directrice en train de dire qu'il faut bien se téléphoner de temps en temps. Une balle de ping-pong rebondie. Un citron pressé se glisse dans la baignoire rose, c'est beau, c'est frais, j'ai froid d'un coup.
 Je tourne, rata-tourne, me pose sur toi, je t'étouffe, tu me pousses pas et du coup : j'ai chaud. Je me mets en boule le long de ton dos. Je suis bien comme ca. Pas toi, du coup : tu tournes. Tu m'enveloppes comme une lettre que tu lis pas, dis pas. Demain est un autre jour et j'aimerais bien savoir si demain, c'est déjà pas maintenant. Maintenant, là, que c'est dit, c'est presque fait : le réveil sonne, je regarde les deux aiguilles : 6HOO. Déjà? T'es où? T'as jamais été là, pas plus que moi. Revenons à nous. La lumière passe par le volet, un filet. Il s'étale sur le mur : une grande ligne. Pas envie de dormir. Non, je tourne, je pense, je rata-tourne, je réfléchis, je...
Je pense à son cul. Et en fait, j'avais toujours regardé ses mains! Fines, expressives quant elles parlent, des longues phalanges, des ongles larges ; elles avaient l'air entreprenantes, douces sans aucuns doutes. Quant il fumait une blonde, je regardais. Il soufflait et je suivais sa main qui s'éloignait de sa bouche.
 Mais là, son cul devant, gros plan, premier plan, c'est bandant. Ben quoi : une fille sa bande aussi! Et donc, me voilà à épier son derrière. Et je pense bien après, à un exercice d'articulation : mais pourquoi Pépita m'épies-tu? C'est piteux de m'épier! de mes pieds... Non : de m'épier pourrais-tu te passer? Mais pourquoi dans les bois Pépita..." Mais pourquoi, oui tiens! Il a pas un super fessier, j'en ai vu des rebondis, musclés, épilés, moulés dans un futal... Il me plait. Il a le tee-shirt légèrement remonté et laisse apparaître le bas des reins. Ha j'adore quant il y a les trous sur les deux extrémités de la colonne. La marque du sacrum. Terrible comment j'aime voir ce truc. J'ai pensé à un chorégraphe qui disait "Lili, si un jour tu vois ces trous là... Tu pourras te dire que c'est un avantage de bien onduler avec... Toi, tu n'as pas ceci : tu n'as rien. T'es cambrée, fais attention à tes lombaires."


Mr beau cul d'un coup, il est face à moi, il me sort de mon fantasme de sacrum, enfin : du plan cul et me demande : "Lina, tu aurais une cigarette?
"Du tabac.
"Ha oui, j'ai oublié les miennes : tu m'en roule une?
Oui mon amour, tout ce que tu veux je pense. J'aurais préféré un câlin, Tu veux une cloppe : n'en parlons plus. Ca roule.
"t'es gentille." Oui, c'est le problème. Quant un mec qui te fait rêver une seconde te dit : "t'es gentille", c'est que tu l'intéresses pas du tout. Mais pourquoi, dans les bois...
Ils sont partis : jeunes, trop jeunes. L’alcool, la maladie, les problèmes d’identité, la solitude ou les excès ont violemment joués de leurs vies. Il n’en reste plus que quelques photos, de vieux souvenirs.
Perdre un ami est toujours une douleur, il nous manque. Y à que la mort qui fait cette délivrance dans leurs états finals.  On ne saura jamais derrière ce masque de faux-cils, de paillettes et de fards, le choix de leurs actes face à vous. 
Un choix de vie : la scène avant tout. Il était chouette ce type, je me rappelle plus son nom, ni son prénom, enfin son pseudo. Il était toujours derrière les lumières, avec des fils, des jacks, des rouleaux de rallonges et quelques fois en haut de l'échelle. Un soir de grand spectacle, il m'avait dit : "tu es très belle Lili." en se croisant dans le couloir de l'autre côté.
C’est un monde où l’on ne dévoile pas sa vie.
C’est peut-être pour cela qu’on part avant les autres de la vie.




dimanche 23 juin 2013

Avignon.

J'ai senti son parfum avant tout. Madame a la bouche ouverte. Monsieur est amoureux, il l'accompagne, veut lui faire plaisir car c'est bien la première fois qu'elle voit cela. Il l'a soutient. Elle ne voyait pas cette réalité : elle croyait que j'étais un décor. En fait, j'ai été trahi. Un infime souffle d'air m'a piqué l'oeil. J'ai pleuré. Cette timide goutte a glissé et ainsi madame a vu la vie. Elle a été bien étourdie. je la voyais parmi d'autres choses, dubitative dans un premier temps, puis émerveillée et éprise de cette découverte. fascinée de me voir exister et disparaître aussitôt. Puis laisser ce doute : prendre un espace et faire un voyage sans se déplacer. Elle a dit : "ho, c'est beau..." puis à la fin " J'ai passé un agréable moment : merci". Je ne peux pas lui dire combien sa voix était sincère, sensible, délicate et parfumée. je lui ai fait un clin d'oeil en guise de sourire. --------------------------------------- --------------------------------------- "Je te sens préoccupé. C'est comme si il y avait quelqu'un autour de toi sans cesse. Tu es malade. On peut aller voir la mer, la montagne aussi. Veux-tu?" Je ne bougeais pas : j'y étais depuis bien longtemps. J'aimais cet endroit depuis toujours. J'entendais des pas, je sentais le soleil, l'arbre pleurait en frottant ses branches sous le vent. Quelques fois, j'entendais mon coeur. Je m'endormais, bercée par mes sens. J'étais arrivée à la mer. Je me posais sur un bois mort, je regardais cet oiseau rose : sur une jambe il plongeait sa tête dans l'eau. Une goutte perlait le long de ma colonne vertébrale et je m'envolais. J'étais devenue un aigle? J'allais retrouver les cigales, le Palais des ombres de moi-même. L'obscurité est tellement lumineuse, éblouissante, l'espace du ciel est petit quant les fantômes passent. J'ai mal. Où déjà?

mardi 18 juin 2013

Ici.

Usée d'éviter des coups, les bas, les hauts, les de côtés, par derrière. Vidée, pas du courage non, de la volonté de courir, d'aller toujours plus vite, plus haut, rebondir, je voudrais un tremplin pour jouer. Délaissée de m'évader aussi, lasser de fermer les volets, de pas m'envoler, de pas me laisser aller. Frustrée de rien, de manque de confiance en moi, en l'autre? En difficulté de savoir en fait, de comprendre l'autre. Exténuée de cette violence anti-l'autre, anti-conformiste, anti-social, anti-mythe, anti-mondaine, antiquité qui a quitté le quizz. bah... Faudrait des anti-virus partout. Un virus pour les anti déjà. Le virus du fait pas ci, pas ca t'es con ou quoi? Mais quant tu fais pas, tu peux pas savoir ; faisons. Non non, fais le. Comme ca si tu te plantes, j'y suis pour rien. Dis pas que j'y étais, sinon : tu triches. Un virus du "je te critique, mais je fais rien. Tout ce qui est à toi : je le prends, tout ce qui est à moi je le garde". Usée, comme un torchon qui a fait les vitres, la salle de bain : tous les carreaux, la baignoire et le lavabo, la poussière de l'étagère et finit en serpillère. Vidée, à la poubelle, non, c'est la semaine du tri, le vert, le jaune, ca fait quoi si tu mélanges, bah... Du vert clair non? Délaissée de voyager pour aller bosser, merde c'est pas rembourser. Au prix de l'essence, avec 10 chevaux, achètes un avion : t'iras plus vite, ca coûte moins cher en plus. Frustrée du pas, du rien, du plus du tout de rien et de tout. En difficulté de savoir en fait, de comprendre certains. Exténuée de toute cette violence anti-l'autre. Et toi, tu fais quoi dans la vie? Ha oui, sacré passion dis-donc ARTISTE.

 Et ca va : tu gagnes bien ta vie? Tu t'en sort? Tu vies seul? T'as quel âge? Et tu t'appelles comment? Bah... Faudrait un anti-virus pour tout. Genre : je regarde ton portefeuille avant de savoir comment tu t'appelle. Pas que un nom soit important pour en faire un ami, mais c'est plus convivial de le savoir... afin d'éviter de le siffler dans la rue comme un chien pour attirer son attention dans la rue. En colère, légèrement, car du fait on s'enferme chacun chez soit. On ne sort plus. On ne se parle plus. On regarde nos pieds quant on marche. Non : il n'y a rien par-terre. Du goudron, du béton, des mégots, des ragots. Ne dis rien à personne : je t'aime. Gardes-le. Ne le dis pas aux autres. c'est une histoire entre toi et moi. Ecris-moi. Dis-moi que ca te fatigue aussi. Dis-moi que : tu aimes. Car ici, il n'y a pas de lac, pas de jardin et j'aime l'odeur de l'herbe mouillée. Ici, il n'y a pas d'animaux. C'est nous.

lundi 17 juin 2013

Ailleurs.

J'avais oublié de lui dire des mots, je ne savais plus parler. Il fallait faire. Faire un début de rêve, un autre de réalité, pour finalement arrivé au début du matin. Une histoire sans fin. Devant mon café, je pensais à lui. Sur le chemin de l'école, je pensais à mon café. Arrivée à l'école, je voulais retrouver mon lit. C'est con la vie. J'ai retrouvé le lit, un vrai champ de bataille. Qu'est-ce que j'ai pu faire? Qu'est-ce qu'il a fait pour que ce soit comme ca? Bah, rien! Le désir est souvent inaccessible et c'est pour cela qu'on le veut. Aller toujours plus haut. Toucher le 7éme ciel. Beuh... non. En fait, il a touché un point sensible et j'ai voulu plus. J'ai voulu passer ma main dans ses cheveux, voir ses yeux, y retrouver la mer, le ciel d'Alice au Pays des merveilles avec du savon de Marseille, j'ai voulu son corps en entier dans les drapés de Rome, j'ai voulu être en même temps chez moi et j'ai pris l'avion et fait l'hôtesse de l'air. Et voilà le résultat : les coussins par terre, la couette en boule, l'autre en travers, le drap housse en a pété son élastique. Bravo. J'ai rêvé de lui. J'ai entendu son murmure. Tout le monde, plein de monde a applaudit. Il était là devant. J'ai tourné. Il m'a saisi le poignet. Le yeux dans les yeux, il a parlé, parlé... Je n'ai pas compris le sens de sa question. Elle, elle a dit : "tu vas où?" Et là, il m'a dit et j'ai très bien compris : "tu viens." Elle a rigolé. Elle rit souvent. Après, j'ai enroulé mes mains, j'ai encerclé tout ça. Il m'a dit pleins de choses, il a même chanté. Il ne chante pas très bien à mon goût, j'ai écouté quant même. J'ai entendu un rire d'enfant aussi. Une musique aussi. On a fait l'amour deux fois. Faut bien rattraper tout ce temps, depuis le temps...


 Il y avait des flocons de cotons, résistants, très doux et absorbants, les mêmes que les nuages, oui : ceux-là. A un moment, on a glissé. On est passé sur un escalier coulissant, ca allait bien, on était heureux, enfin plutôt joyeux. Il a aimé mon sourire m'a-t-il dit. Je lui ai tourné le dos. Je me suis mis en boule. J'ai eu froid. Il a remonté les couvertures jusque sur ma tête, c'était sombre et chaud d'un coup. J'ai retourné. Sur lui. J'ai posé tout mon poids dessus. J'étais bien. Pas lui. Il s'est dégagé lentement et il est partit mettre de la musique. Je l'ai reconnu cette mélodie, tous les matins la même depuis 3ans ; il faudrait que je la change. J’ai cherché le gros bouton. Pour l'éteindre. Réveil : 6HOO. Tu reviens demain? Il est revenu bien après. J’étais en retard mais je l’ignorais. On a fait une bataille de polochons. On a roulé, fait l’amour et puis il est parti vite. J’ai ouvert les yeux : plafond blanc. J’ai regardé autour de moi : gros bordel. Le réveil : 7H2O. Je suis plus qu’en retard. Je m’habille, je regarde le café qui chauffe. C’est long un café qui chauffe quant tu es à la bourre. En partant, je regarde le lit, c’est beau la passion. Tu reviens demain ?

lundi 27 mai 2013

Montréal.

Une boulangerie s'il vous plait. D'qui donc? Présent'ment, je sais bin qu'ci trouve l'drugstor ouvert... une bulaiiiing'rie, je vois pas ci, ca réalise pas dans c'pays Mamzelle. ha oui, tout un monde le Canada. Le décalage horaire doit y faire. Je suis tombée. Je n'ai pas eu la tête qui tourne, c'est tout le reste qui a tourné. Les filles ont poussé un cri, ca a fait des bulles d'un coup. C'est ça le bonheur? Elles étaient contentes : j'ai réussi à tourner, rattraper et tenir, et faire le renversé ; ensuite : glisser vite, freiner et tomber. C'est ça ici : on est solidaire. Je ne suis pas douée pour les acrobaties, ce qui me sauve : c'est que je suis souple. Ils n'aiment pas mes cheveux courts, je dois porter une perruque ; il faut bien la fixer, on transpire dessous c'est un four micro-onde. Je ne fais que ca : travailler. Je ne sais faire que ça après-tout. C'est quoi le bonheur? Les gens viennent ici pour nous voir danser. ils sont heureux, ils s'amusent. Nous, on est heureuse en coulisse. ca discute de se refaire la poitrine, l'autre me rend mon ensemble que je lui ai prêté le week-end dernier. "c'est la galère à nettoyer, j'ai amené au pressing, ca m'a donné un contrat pour "Deluxe", je te remercie". -Ha oui? Ils cherchent encore des filles? "Je sais pas, ils sont pas très exigeants, mieux qu'ici... Vas au pressing! Amènes ta meilleure tenue, celle en velours, la rouge... Ils aiment les Françaises en rouge." C'est ça ici. Demain, c'est relâche. Une ballade. Le chien n'en peut plus, il gueule qu'il a envie de partir, les autres attendent, le regardent. Du vert et du blanc, des bûcherons, du bois, des tas de bois. Le type me parle, et les filles se marrent car je ne comprends pas ce qu'il me dit ; mais elles n'ont pas compris non plus. Il faut tenir le contrat, tenir la barre, glisser vite, freiner, poser le pied à terre et danser, si ca plait, remonter la barre ou bien s'approcher des clients.

Ce n'est pas dangereux, ici, il n'y a jamais de dispute ou de bagarre. C'est un club, pas une discothèque où l'artistique est impossible, comme la clientèle. (Il faut bouger. T'es pas un meuble, mais ca meuble.) Ici, c'est bien différent. J'ai le nez trop long, pas assez de seins, trop musclée... D'un coup, je me suis dit : je vais ouvrir une boulangerie ici. J'aurais des belles miches, "Chez Lina". Quand je m'ennuie, je travaille, c'est a dire tout les jours.

Drette là : j'cogne des clous graves.

samedi 18 mai 2013

Barcelone.

Barcelona, Barcelona, ho yé ho yé ho yé! On roule, on chante. Il y a Kiké, S.tel, moi. Le café est un tord-boyaux, quant on commande un chocolat : il y a une tonne de crème au fond du verre. S.tel c'est une vraie amie : elle me coiffe, elle m'aide beaucoup pour pleins de choses, elle me fait des photos, elle est la première à qui je montre mes numéros. Elle aime bien. On s'aime bien. Elle dit souvent : les gens je les aime ou je les aime pas, je triche pas. C'est toujours d'actualité. Dans le salon, il y a une chouette table : pleins de télévisions supportent une grande vitre teintée ; des fois, on allume les télévisions, ca fait des petits points sur l'écran, mais ca habille bien la soirée. Barcelone et son architecture, ses couleurs sur les habits des gens : c'est nouveau pour moi. J'ai pas dormi depuis 3 jours, je vais au théâtre travailler, je rentre en stop. Le chauffeur, un de mes voisins me pose pleins de questions ; les gens ca les intrigue les artistes. Il est sympa ce type, mais arrivé à un moment il se rend compte : "vous avez l'air fatigué, je vous dépose où?" Les départs, c'est toujours une perte quelque part, même si quelqu'un t'attend. Tu perds un espace. Un espace-temps. ____________________________ _____________________________ Ici, c'est parfait. Je n'aime pas trop la cuisine. Hormis les tapas ; je me fais des "brochettes maisons" moi-même... Les statuaires vivantes de la Rambla sont impressionnantes, des costumes magnifiques, des idées lumineuses : un type lit le journal sur un toilette, l'autre, plus loin imite une grande star de la chanson Américaine et danse pas aussi bien que lui, mais... pas mal! Il y a un bar de nuit où l'ambiance Cabaret s'y rapproche, un groupe de jazz s'y produit ce soir. Ils aiment bien les Français et le vin blanc est très doux. Le patron me surnomme, "la morena", la brune. Que des rideaux rouges et noirs en velours, des escaliers qui s'illuminent, des chaussures de drac-queen, des boutiques chics et chocs. Ca sent le fric dans les frocs, quant le soleil se couche, Luna se pose des faux-cils, des faux-ongles, des faux-piercing, des perruques de barrées.

Le MACBA est un marathon. Je reste devant un film expérimental sur un fauteuil de star, un pouf rond super grand, très inconfortable. Les autres copains et copines me cherchent partout, c'est Pierre qui me retrouve : "je me doutais que tu étais là". Il n'y a pas de fleurs au balcon. Ce matin, dans la baignoire de l'appartement, la paume de douche s'est cassée, le tuyau est allé dans tout les sens comme un serpent qui devient fou : il y avait de l'eau partout. Il était temps que je ferme les robinets.

lundi 13 mai 2013

Berlin.

Wolf. Un chien étonnant. Il avait toujours la langue pendante. Les soirs de pleines lunes, il partait égorger les poules du voisinage. C'était la première fois que je voyais la neige, autant de neige. J'étais petite, j'avais du mal à marcher. J'avais les mains rouges, le nez qui coulait comme un robinet mal fermé, les chaussures trempées. On était presque seul dans cette forêt. C'était magique, mon père me disait : "tu vois puce, c'est la forêt Noire." Ma tante me disait que c'était un gros gâteau au chocolat et qu'on en mangerait certainement Dimanche.
Il y avait de grand arbres, peu de voitures. Berlin sentait bon. Ca faisait mal aux yeux tellement le parfum était frais.
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J'ai tout prit dans les poubelles.
Il y avait des habits neufs pratiquement, des meubles, une chaîne hi-fi complète. Je demandais si cela appartenait à quelqu'un : le type m'a bien fait comprendre avec sa main de tout prendre. On a chargé le camion à bloc.
Le déménagement et l'aménagement s'est très bien passé. Frank était content pour ses amis. Ils n'avaient pas de table, ni de chaise, et la chaîne hi-fi allait lui servir pour faire des mixages.

Une autre culture.
Ici, on est dans un hangar qu'on remet en état et on s'associe beaucoup avec les autres artistes : tatoueurs, drac-queens, punks, danseurs, cracheurs de feu...etc.
C'est simple.
Tout seul on va vite, à deux on va plus loin, ensemble : on fait le meilleur.

Il fait froid, j'ai les mitaines usées.

J'ai les cheveux rouges, j'aime bien : à chaque lavage, ca devient de plus en plus rose.


dimanche 12 mai 2013

Toulouse.



Dans le train de nuit j’ai deux compagnons de route. 
Ils sont faces à face devant la petite tablette : ils jouent aux cartes. Deux Eccossais. Ils boivent du Bourbon pur avec une petite radio qui craque au moindre tunnel, qui grésille souvent plutôt qu’elle joue « Fun ». Je l’ai éteint, les deux bourbons ronflaient.

4roses pour Toulouse. Je n’ai pas dormi. Je pensais à cette ville que je ne connaissais pas : Jean-Marc viendrait me cherchait.

Dans la chambre de l’hôtel, il y a une très grande armoire,  j’y déballe tout. J’étale, comme dans une loge. L’hôtel est en travaux : Le Capoul. Une grande moquette rouge recouvre l'escalier, c'est beau. Quant je descend, j'ai l'impression d'être dans un film, avec les peintres et les échelles de part et d'autres. A l'accueil, quant je remets la clé de ma chambre, elle me dévisage quant je lui dis : demain, ne faites pas la chambre, je voudrais dormir jusqu'à 11H, c'est possible?
Elle me sourie, elle sait, elle respecte.
J’aime Toulouse. Il fait humide souvent. Ca bouge de choses, d’énergie, les gens sourient, ca fait du bien. C'est rose.

Il n’y a rien qui m’attache ici. Je sais que je vais revenir.





Karine. 
Elle connait. Elle habite au 6éme. Avec son copain, compagnon, petit-ami : je ne sais jamais comment dire ? Un HLM situé face au stade toujours éclairé la nuit par nos impôts, des arrosages automatiques même quant il pleut. 
On a une vue splendide.

Karine, c’est un peu l’office du tourisme. Tu lui demande où se trouve ceci : elle cherche sur les étagères, sort un carton, et te remets un dépliant complet, te l’explique,  surligne en fluo tout le trajet du HLM jusqu’au café d’en face si jamais tu veux prendre un peu de recul.

Ca me plait quant elle dit : Bouducon, t’as vu ca ?

C’est typique de Toulouse cette expression.

Elle, son truc, c’est le terrain. Allez dessus. Elle voyage.

Elle sourie souvent, même quant elle a les yeux qui se ferment de fatigue.

Ca fait un bout de chemin déjà ensemble. J’ai tellement attendu avant de répondre à ta première invitation. C’est chouette comme ça. On compte l’une pour l’autre, mais on compte sur soi. C’est ca l’amitié.

Sacré fille, quant elle dit quelque chose que personne n’ose dire, ca claque un peu des fois ; sacré énergie.

J'ai trouvé un bar terrible. La rivière t'apporte des sushi en petite barque, proche du Capitol. Il y a toujours une expo, une pièce de théâtre, une performance, du jazz...
Toulouse et Nougaro.

Toulouse à pied ou en métro.

Toulouse et ses rencontres.

Toulouse, ville rose.
 4roses.

samedi 11 mai 2013

Paris.



"Ouai, c'est moi. Je crois que je ne sais pas en fait… Je me suis perdue.
 (J'ai prit le rond-point, j'ai ouvert la vitre automatique, j'ai craché; je fais toujours ca. Un bien épais. Pas pu regarder la couleur).
Je suis allée au bord de la Seine, j'ai marché les sandales à la main, la jupe soulevée. J'ai vu le levé du soleil, les pigeons, plein de truc.
(M'en foutais pas mal).
 Ici, c’est dégouttant, y à pleins de truc dedans et elle ne peut pas cracher vert, jaune ou bleue… Tu sais, j'aime bien notre rencontre, la première, la deuxième aussi… à chaque fois je me sens bien. Je te connais pas, presque pas, enfin je dis ça en même temps je suis encore bourrée d'hier, la vodka oui... Oui... J'aime que les alcools blancs. Et puis, je ne sais pas, on a des points communs tout les deux, je me sens trop seule, donc voilà : je te rappellerais."
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Une pieuvre voulait décrocher une étoile. De la mer. La pieuvre avait mon visage, mais après quelques dialogues, c'était toi. J'ai eu peur je crois. Enfin, ca m'a réveillé. J'ai entendu la voisine qui faisait son ménage ; c'est dingue comment elle ferme et ouvre ses placards. Elle ne retient pas les portes. Je regarde le réveil. Ha ouai, 3h... Bon, je me lève, je me bouscule et je ne me réveille pas : comme d'habitude.
Mes yeux s'arrêtent sur un N° noté sur un post-It. Je le mets ailleurs, non-non, pas bien là, trop en vue. Je le mets, tiens, là : dans mon Zap book. Et donc voilà, ca va mieux. Je le vois plus.
J'ai rêvé de lui.
De toi. Je t'appelle? 3H2O du matin, ca se fait pas. Enfin, pas si on ne connait pas trop bien. Il va croire que suis saoule de la dernière fois, ou, pire : encore une fois. C'est chiant les formalités. On passe un temps de dingue avec ses trucs, même dans l'administration. Ha, c'est les pires! Non, je leurs en veux pas du temps qu'ils me font perdre, c'est juste le temps qu'ils prennent à te répondre. Mais lui, à 4HOO du matin, il ne va jamais répondre. Je m'habille, je mets n'importe quoi, m'en fou. J'ai le cœur qui bouscule, une énergie de fou qui me circule. Je descends, je prends le vélo, je roule. Paris la nuit en vélo, c'est cool, tu vas trop vite. Si.
J'arrive. Je range le vélo. Je monte 5 étages, je frappe. Je vois une de ses copines, je sais plus son prénom : je lui dis : Ha salut! ca va? Elle est pas là Mumu? Faut que je lui parle...
Elle me regarde, la bouche ouverte, le noir qui déborde des yeux, les cheveux... Ho hoo, elle a pas dormie ou quoi elle? Elle me dit : Mumu… ? Elle dort. Entre. Je vais voir.
Je rentre.
Je louche le téléphone, il est vert boiserie, d'un coup j'aime bien cette couleur.
Mumu arrive. "Lili? Qu’est-ce t'as? T’as vu l'heure, j'espère que c'est grave...
Moi : Je peux téléphoner?
"Non.
"Stp Mumu, je sais qu'il est tard, enfin tôt, je te prépare un café, je vais acheter des croissants, promis... Faut que j'appelle un type, je craque, si je fais pas, je vais regretter un jour. (Je cherche le N°, le post-It, le Zap book)
Mumu : " Non te dis, j'ai plus de tel, c’est coupé, j'ai oublié de poster le chèque... Sorry baby, ton amour attendra. (Elle retourne dans sa chambre) t'es grave : bye!
Paris, le matin en vélo, c'est cool, quant t'as bien chaud, à l'intérieur, comme à l'extérieur.
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Une nana. Une fille super, super sympa, nature, sans tralala. Une fille bien. Une blonde, si, une vraie!
Nana.
On dit comme ça, car elle a fait une pub, pour "Nana". Ca était un tremplin. Et puis, un surnom de serviette hygiénique c’est pas important quant on a une personnalité comme la sienne.
 Elle m'a traînée partout, elle connaissait bidule, machin, qui connaissait tous Nana, et truc bidule machin chose.
J'étais timide, pas trop souriante, un peu maigrichonne, pas trop conne encore et j’avais faim.
 Une fille qui dormait par terre et qui défilait en Dior le Samedi à New-York, qui revenait deux heures, refaisait une valise pour partir à Tokyo. Je ne sais pas comment elle tenait debout, et en même temps de son côté, elle était épatée de me voir tenir debout aussi.
Elle passait son temps devant Charlie Chaplin quant elle ne travaillait pas. Elle avait un long tee-shirt, comme une robe, mais c'était un tee-shirt. Il était usé, déchiré, elle disait "c'est mon doudou", j'aime que ca sur ma peau, le reste ca me gratte, c'est pour ca que je ressemble à rien, que je suis un porte-manteau... Je sers les fesses, ca se voit pas : j'en ai pas. On rigolait. Je rentrais jamais dans ses fringues quant elle voulait me prêter "absolument un truc de dingue" qui était fait pour moi. Il me manquait juste 7cm, alors elle me faisait acheter des godasses impossibles pour me grandir. On rigolait. On mangeait des palmiers de la boulangerie d'en face, des énormes à 1,50francs. Tout chaud, tout frais. Elle disait à la première bouchée : Wouaw, ca va tout sur les fesses, je vais avoir du cul.
 Nathalie. Tu disais qu'il y avait une étoile, une pour chaque personne, que la tienne était bleue avec des rayons jaunes. Que j'étais un ange. Que tout irait bien : bein oui, ca va Nana. Merci pour tout encore.
Le 18éme, c'est remplit de riz, ca sent l'huile, la friture. Il y avait des nouilles extra et sans porter à confusion : la serveuse était au top ; Fleur, un bien joli prénom pour une asiatique. J'enviais son sourire, à par ses lèvres qui s'étiraient, rien d'autre ne bougeait sur son visage jamais maquillée. Une peau de délice. Pas de rides, jamais de cernes, magique.
Le matin, vers 6H, ils étaient tous devant de grand panneaux blindés de petits mots écrits en Chinois ou Japonais, ca discutait bien devant, ca regardait franchement ; et hop, au bout d'un moment : tout le monde partait. L'ANPE? Je n'ai jamais su. Ca m'inquiétait pas, je trouvais ca extra, je prenais un p'tit café, je regardais tout.
Une sorte de théâtre pas Nô, plutôt Made in Paris.
Je rentrais chez elle, j'avais mal au pied, au dos. Je dormais peu. Paris, le jour : on ne peut pas trop bien se reposer.
Il fait trop sombre, pas assez noir, ce n’est pas clair.
Tiens : Claire, je ne la vois plus du tout, plus de nouvelles…
 Claire, s’est B.B. Comme Brigitte Bardo. Elle adore les animaux. Elle a un chiwawa, c’est le plus petit chien du monde. Il a toujours froid, il se colle à ses grandes jambes au moindre bruit, au moindre mouvement de n’importe qui, de n’importe quoi, n’importe quand.
Elle a refait sa vie ici. Je n’ai jamais su d’où elle venait.
Mais Claire, c’est sa voix. Elle ne chante pas, elle ne peut pas. Elle mime. Sa voix s’est comme un 33Tours, qui va au 75 ou 45Tours ; une autre vitesse, un autre son, une musicalité difficile, elle ne parle presque pas. J’aime bien ses silences. On fait souvent le marché ensemble, elle adore fouiner.
Un jour, elle m’a dit qu’elle s’appelait Bruno.
 Elle sait tout faire : les costumes, leurs perruques avec  les bigoudis,  cracher du feu, les chorégraphies, les chansons, les coups de balais à la fin des spectacles, barmaid, serveuse, quoique la dernière fois j’ai demandé une menthe à l’eau, j’attends toujours… menthe _ à _l’eau, non c’est difficile à retenir, ca fait 3mots… Elle aime l’alcool. Trop.
Moi, mon premier rôle dans ce spectacle, c’était de nettoyer la piste : j’avais un grand balai, un beau costume avec des jambes musclées, fines avec ses maudits talons. Le magicien sortait des foulards d’un tuyau, d’un cube, d’un rond… Autrement dit : qu’est-ce que tu fous ? L’art.    
 Oui d’ailleurs quant on connait le truc, le tour, c’est nul ! On est très déçu.
 Le clou du spectacle :  il transformait tous les foulards  en confettis ! 
Je ramassais tous les confettis en 40seconde exactement pour le numéro suivant. Oui, à l’audition ils m’avaient dit, vous n’avez aucuns talents mais vous avez de belles proportions, passez aux loges, on a un costume fait pour vous, vous serez payez à la chaise.
J’ai prit la chaise.
Un artiste ne vit pas pour vivre, il vit pour son art, c’est là le problème de sa vie.

LE DIABLE AU CUL

Il est impulsif. Des coups de têtes, voir des coups de gueule. Ca peut déstabiliser. Il est mal dans son slip. Quant il a l'amour devant...