Une boulangerie s'il vous plait.
D'qui donc? Présent'ment, je sais bin qu'ci trouve l'drugstor ouvert... une bulaiiiing'rie, je vois pas ci, ca réalise pas dans c'pays Mamzelle.
ha oui, tout un monde le Canada. Le décalage horaire doit y faire.
Je suis tombée.
Je n'ai pas eu la tête qui tourne, c'est tout le reste qui a tourné. Les filles ont poussé un cri, ca a fait des bulles d'un coup. C'est ça le bonheur?
Elles étaient contentes : j'ai réussi à tourner, rattraper et tenir, et faire le renversé ; ensuite : glisser vite, freiner et tomber.
C'est ça ici : on est solidaire. Je ne suis pas douée pour les acrobaties, ce qui me sauve : c'est que je suis souple.
Ils n'aiment pas mes cheveux courts, je dois porter une perruque ; il faut bien la fixer, on transpire dessous c'est un four micro-onde.
Je ne fais que ca : travailler. Je ne sais faire que ça après-tout.
C'est quoi le bonheur? Les gens viennent ici pour nous voir danser. ils sont heureux, ils s'amusent.
Nous, on est heureuse en coulisse. ca discute de se refaire la poitrine, l'autre me rend mon ensemble que je lui ai prêté le week-end dernier.
"c'est la galère à nettoyer, j'ai amené au pressing, ca m'a donné un contrat pour "Deluxe", je te remercie".
-Ha oui? Ils cherchent encore des filles?
"Je sais pas, ils sont pas très exigeants, mieux qu'ici... Vas au pressing! Amènes ta meilleure tenue, celle en velours, la rouge... Ils aiment les Françaises en rouge."
C'est ça ici.
Demain, c'est relâche.
Une ballade. Le chien n'en peut plus, il gueule qu'il a envie de partir, les autres attendent, le regardent.
Du vert et du blanc, des bûcherons, du bois, des tas de bois. Le type me parle, et les filles se marrent car je ne comprends pas ce qu'il me dit ; mais elles n'ont pas compris non plus.
Il faut tenir le contrat, tenir la barre, glisser vite, freiner, poser le pied à terre et danser, si ca plait, remonter la barre ou bien s'approcher des clients.
Ce n'est pas dangereux, ici, il n'y a jamais de dispute ou de bagarre. C'est un club, pas une discothèque où l'artistique est impossible, comme la clientèle.
(Il faut bouger. T'es pas un meuble, mais ca meuble.)
Ici, c'est bien différent.
J'ai le nez trop long, pas assez de seins, trop musclée...
D'un coup, je me suis dit : je vais ouvrir une boulangerie ici.
J'aurais des belles miches, "Chez Lina".
Quand je m'ennuie, je travaille, c'est a dire tout les jours.
Drette là : j'cogne des clous graves.
Des mots, des cahiers, des instants, des gens, des histoires, des souvenirs, des endroits... etc. Des hurlements sourds.
lundi 27 mai 2013
samedi 18 mai 2013
Barcelone.
Barcelona, Barcelona, ho yé ho yé ho yé!
On roule, on chante. Il y a Kiké, S.tel, moi.
Le café est un tord-boyaux, quant on commande un chocolat : il y a une tonne de crème au fond du verre.
S.tel c'est une vraie amie : elle me coiffe, elle m'aide beaucoup pour pleins de choses, elle me fait des photos, elle est la première à qui je montre mes numéros. Elle aime bien. On s'aime bien. Elle dit souvent : les gens je les aime ou je les aime pas, je triche pas. C'est toujours d'actualité.
Dans le salon, il y a une chouette table : pleins de télévisions supportent une grande vitre teintée ; des fois, on allume les télévisions, ca fait des petits points sur l'écran, mais ca habille bien la soirée.
Barcelone et son architecture, ses couleurs sur les habits des gens : c'est nouveau pour moi.
J'ai pas dormi depuis 3 jours, je vais au théâtre travailler, je rentre en stop. Le chauffeur, un de mes voisins me pose pleins de questions ; les gens ca les intrigue les artistes.
Il est sympa ce type, mais arrivé à un moment il se rend compte : "vous avez l'air fatigué, je vous dépose où?"
Les départs, c'est toujours une perte quelque part, même si quelqu'un t'attend. Tu perds un espace. Un espace-temps.
____________________________
_____________________________
Ici, c'est parfait.
Je n'aime pas trop la cuisine.
Hormis les tapas ; je me fais des "brochettes maisons" moi-même...
Les statuaires vivantes de la Rambla sont impressionnantes, des costumes magnifiques, des idées lumineuses : un type lit le journal sur un toilette, l'autre, plus loin imite une grande star de la chanson Américaine et danse pas aussi bien que lui, mais... pas mal!
Il y a un bar de nuit où l'ambiance Cabaret s'y rapproche, un groupe de jazz s'y produit ce soir.
Ils aiment bien les Français et le vin blanc est très doux. Le patron me surnomme, "la morena", la brune.
Que des rideaux rouges et noirs en velours, des escaliers qui s'illuminent, des chaussures de drac-queen, des boutiques chics et chocs.
Ca sent le fric dans les frocs, quant le soleil se couche, Luna se pose des faux-cils, des faux-ongles, des faux-piercing, des perruques de barrées.
Le MACBA est un marathon. Je reste devant un film expérimental sur un fauteuil de star, un pouf rond super grand, très inconfortable. Les autres copains et copines me cherchent partout, c'est Pierre qui me retrouve : "je me doutais que tu étais là". Il n'y a pas de fleurs au balcon. Ce matin, dans la baignoire de l'appartement, la paume de douche s'est cassée, le tuyau est allé dans tout les sens comme un serpent qui devient fou : il y avait de l'eau partout. Il était temps que je ferme les robinets.
Le MACBA est un marathon. Je reste devant un film expérimental sur un fauteuil de star, un pouf rond super grand, très inconfortable. Les autres copains et copines me cherchent partout, c'est Pierre qui me retrouve : "je me doutais que tu étais là". Il n'y a pas de fleurs au balcon. Ce matin, dans la baignoire de l'appartement, la paume de douche s'est cassée, le tuyau est allé dans tout les sens comme un serpent qui devient fou : il y avait de l'eau partout. Il était temps que je ferme les robinets.
lundi 13 mai 2013
Berlin.
Wolf. Un chien étonnant. Il avait toujours la langue pendante. Les soirs de pleines lunes, il partait égorger les poules du voisinage. C'était la première fois que je voyais la neige, autant de neige. J'étais petite, j'avais du mal à marcher. J'avais les mains rouges, le nez qui coulait comme un robinet mal fermé, les chaussures trempées. On était presque seul dans cette forêt. C'était magique, mon père me disait : "tu vois puce, c'est la forêt Noire." Ma tante me disait que c'était un gros gâteau au chocolat et qu'on en mangerait certainement Dimanche.
Il y avait de grand arbres, peu de voitures. Berlin sentait bon. Ca faisait mal aux yeux tellement le parfum était frais.
---------------------------------
---------------------------------
J'ai tout prit dans les poubelles.
Il y avait des habits neufs pratiquement, des meubles, une chaîne hi-fi complète. Je demandais si cela appartenait à quelqu'un : le type m'a bien fait comprendre avec sa main de tout prendre. On a chargé le camion à bloc.
Le déménagement et l'aménagement s'est très bien passé. Frank était content pour ses amis. Ils n'avaient pas de table, ni de chaise, et la chaîne hi-fi allait lui servir pour faire des mixages.
Une autre culture.
Ici, on est dans un hangar qu'on remet en état et on s'associe beaucoup avec les autres artistes : tatoueurs, drac-queens, punks, danseurs, cracheurs de feu...etc.
C'est simple.
Tout seul on va vite, à deux on va plus loin, ensemble : on fait le meilleur.
Il fait froid, j'ai les mitaines usées.
J'ai les cheveux rouges, j'aime bien : à chaque lavage, ca devient de plus en plus rose.
Il y avait de grand arbres, peu de voitures. Berlin sentait bon. Ca faisait mal aux yeux tellement le parfum était frais.
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J'ai tout prit dans les poubelles.
Il y avait des habits neufs pratiquement, des meubles, une chaîne hi-fi complète. Je demandais si cela appartenait à quelqu'un : le type m'a bien fait comprendre avec sa main de tout prendre. On a chargé le camion à bloc.
Le déménagement et l'aménagement s'est très bien passé. Frank était content pour ses amis. Ils n'avaient pas de table, ni de chaise, et la chaîne hi-fi allait lui servir pour faire des mixages.
Une autre culture.
Ici, on est dans un hangar qu'on remet en état et on s'associe beaucoup avec les autres artistes : tatoueurs, drac-queens, punks, danseurs, cracheurs de feu...etc.
C'est simple.
Tout seul on va vite, à deux on va plus loin, ensemble : on fait le meilleur.
Il fait froid, j'ai les mitaines usées.
J'ai les cheveux rouges, j'aime bien : à chaque lavage, ca devient de plus en plus rose.
dimanche 12 mai 2013
Toulouse.
Dans le train de nuit j’ai deux compagnons de route.
Ils sont faces à face devant la petite tablette : ils jouent aux cartes.
Deux Eccossais. Ils boivent du Bourbon pur avec une petite radio qui craque au
moindre tunnel, qui grésille souvent plutôt qu’elle joue « Fun ». Je
l’ai éteint, les deux bourbons ronflaient.
4roses pour Toulouse. Je n’ai pas dormi. Je pensais à
cette ville que je ne connaissais pas : Jean-Marc viendrait me cherchait.
Dans la chambre de l’hôtel, il y a une très grande
armoire, j’y déballe tout. J’étale, comme dans une loge. L’hôtel est en
travaux : Le Capoul. Une grande moquette rouge recouvre l'escalier, c'est beau. Quant je descend, j'ai l'impression d'être dans un film, avec les peintres et les échelles de part et d'autres. A l'accueil, quant je remets la clé de ma chambre, elle me dévisage quant je lui dis : demain, ne faites pas la chambre, je voudrais dormir jusqu'à 11H, c'est possible?
Elle me sourie, elle sait, elle respecte.
J’aime Toulouse. Il fait humide souvent. Ca bouge de
choses, d’énergie, les gens sourient, ca fait du bien. C'est rose.
Il n’y a rien qui m’attache ici. Je sais que je vais revenir.
Karine.
Elle connait. Elle habite au 6éme. Avec son
copain, compagnon, petit-ami : je ne sais jamais comment dire ? Un
HLM situé face au stade toujours éclairé la nuit par nos impôts, des arrosages
automatiques même quant il pleut.
On a une vue splendide.
Karine, c’est un peu l’office du tourisme. Tu lui
demande où se trouve ceci : elle cherche sur les étagères, sort un carton,
et te remets un dépliant complet, te l’explique, surligne en fluo tout le trajet du HLM
jusqu’au café d’en face si jamais tu veux prendre un peu de recul.
Ca me plait quant elle dit : Bouducon, t’as vu ca ?
C’est typique de Toulouse cette expression.
Elle, son truc, c’est le terrain. Allez dessus. Elle
voyage.
Elle sourie souvent, même quant elle a les yeux qui se
ferment de fatigue.
Ca fait un bout de chemin déjà ensemble. J’ai
tellement attendu avant de répondre à ta première invitation. C’est chouette
comme ça. On compte l’une pour l’autre, mais on compte sur soi. C’est ca
l’amitié.
Sacré fille, quant elle dit quelque chose que personne
n’ose dire, ca claque un peu des fois ; sacré énergie.
J'ai trouvé un bar terrible. La rivière t'apporte des sushi en petite barque, proche du Capitol. Il y a toujours une expo, une pièce de théâtre, une performance, du jazz...
Toulouse et Nougaro.
Toulouse à pied ou en métro.
Toulouse et ses rencontres.
Toulouse, ville rose.
4roses.
samedi 11 mai 2013
Paris.
"Ouai, c'est moi. Je crois que je ne sais
pas en fait… Je me suis perdue.
(J'ai
prit le rond-point, j'ai ouvert la vitre automatique, j'ai craché; je fais
toujours ca. Un bien épais. Pas pu regarder la couleur).
Je suis allée au bord de la Seine, j'ai marché
les sandales à la main, la jupe soulevée. J'ai vu le levé du soleil, les
pigeons, plein de truc.
(M'en foutais pas mal).
Ici, c’est dégouttant, y à pleins de truc dedans et elle ne peut
pas cracher vert, jaune ou bleue… Tu sais, j'aime bien notre rencontre, la
première, la deuxième aussi… à chaque fois je me sens bien. Je te connais pas,
presque pas, enfin je dis ça en même temps je suis encore bourrée d'hier, la
vodka oui... Oui... J'aime que les alcools blancs. Et puis, je ne sais pas, on
a des points communs tout les deux, je me sens trop seule, donc voilà : je te
rappellerais."
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Une pieuvre
voulait décrocher une étoile. De la mer. La pieuvre avait mon visage, mais
après quelques dialogues, c'était toi. J'ai eu peur je crois. Enfin, ca m'a
réveillé. J'ai entendu la voisine qui faisait son ménage ; c'est dingue comment
elle ferme et ouvre ses placards. Elle ne retient pas les portes. Je regarde le
réveil. Ha ouai, 3h... Bon, je me lève, je me bouscule et je ne me réveille pas
: comme d'habitude.
Mes yeux
s'arrêtent sur un N° noté sur un post-It. Je le mets ailleurs, non-non, pas
bien là, trop en vue. Je le mets, tiens, là : dans mon Zap book. Et donc voilà,
ca va mieux. Je le vois plus.
J'ai rêvé de
lui.
De toi. Je
t'appelle? 3H2O du matin, ca se fait pas. Enfin, pas si on ne connait pas trop
bien. Il va croire que suis saoule de la dernière fois, ou, pire : encore une
fois. C'est chiant les formalités. On passe un temps de dingue avec ses trucs,
même dans l'administration. Ha, c'est les pires! Non, je leurs en veux pas du
temps qu'ils me font perdre, c'est juste le temps qu'ils prennent à te répondre.
Mais lui, à 4HOO du matin, il ne va jamais répondre. Je m'habille, je mets
n'importe quoi, m'en fou. J'ai le cœur qui bouscule, une énergie de fou qui me
circule. Je descends, je prends le vélo, je roule. Paris la nuit en vélo, c'est
cool, tu vas trop vite. Si.
J'arrive. Je
range le vélo. Je monte 5 étages, je frappe. Je vois une de ses copines, je
sais plus son prénom : je lui dis : Ha salut! ca va? Elle est pas là Mumu? Faut
que je lui parle...
Elle me regarde, la bouche ouverte, le noir qui déborde des yeux, les cheveux... Ho hoo, elle a pas dormie ou quoi elle? Elle me dit : Mumu… ? Elle dort. Entre. Je vais voir.
Je rentre.
Je louche le téléphone, il est vert boiserie, d'un coup j'aime bien cette couleur.
Mumu arrive. "Lili? Qu’est-ce t'as? T’as vu l'heure, j'espère que c'est grave...
Moi : Je peux téléphoner?
"Non.
"Stp Mumu, je sais qu'il est tard, enfin tôt, je te prépare un café, je vais acheter des croissants, promis... Faut que j'appelle un type, je craque, si je fais pas, je vais regretter un jour. (Je cherche le N°, le post-It, le Zap book)
Mumu : " Non te dis, j'ai plus de tel, c’est coupé, j'ai oublié de poster le chèque... Sorry baby, ton amour attendra. (Elle retourne dans sa chambre) t'es grave : bye!
Paris, le matin en vélo, c'est cool, quant t'as bien chaud, à l'intérieur, comme à l'extérieur.
Elle me regarde, la bouche ouverte, le noir qui déborde des yeux, les cheveux... Ho hoo, elle a pas dormie ou quoi elle? Elle me dit : Mumu… ? Elle dort. Entre. Je vais voir.
Je rentre.
Je louche le téléphone, il est vert boiserie, d'un coup j'aime bien cette couleur.
Mumu arrive. "Lili? Qu’est-ce t'as? T’as vu l'heure, j'espère que c'est grave...
Moi : Je peux téléphoner?
"Non.
"Stp Mumu, je sais qu'il est tard, enfin tôt, je te prépare un café, je vais acheter des croissants, promis... Faut que j'appelle un type, je craque, si je fais pas, je vais regretter un jour. (Je cherche le N°, le post-It, le Zap book)
Mumu : " Non te dis, j'ai plus de tel, c’est coupé, j'ai oublié de poster le chèque... Sorry baby, ton amour attendra. (Elle retourne dans sa chambre) t'es grave : bye!
Paris, le matin en vélo, c'est cool, quant t'as bien chaud, à l'intérieur, comme à l'extérieur.
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Une nana. Une fille super, super
sympa, nature, sans tralala. Une fille bien. Une blonde, si, une vraie!
Nana.
On dit comme ça, car elle a fait une pub, pour "Nana". Ca était un tremplin. Et puis, un surnom de serviette hygiénique c’est pas important quant on a une personnalité comme la sienne.
Nana.
On dit comme ça, car elle a fait une pub, pour "Nana". Ca était un tremplin. Et puis, un surnom de serviette hygiénique c’est pas important quant on a une personnalité comme la sienne.
Elle m'a traînée partout, elle connaissait bidule,
machin, qui connaissait tous Nana, et truc bidule machin chose.
J'étais timide, pas trop souriante, un peu maigrichonne, pas trop conne encore et j’avais faim.
J'étais timide, pas trop souriante, un peu maigrichonne, pas trop conne encore et j’avais faim.
Une fille
qui dormait par terre et qui défilait en Dior le Samedi à New-York, qui
revenait deux heures, refaisait une valise pour partir à Tokyo. Je ne sais pas
comment elle tenait debout, et en même temps de son côté, elle était épatée de
me voir tenir debout aussi.
Elle passait son temps devant Charlie Chaplin quant elle ne travaillait pas. Elle avait un long tee-shirt, comme une robe, mais c'était un tee-shirt. Il était usé, déchiré, elle disait "c'est mon doudou", j'aime que ca sur ma peau, le reste ca me gratte, c'est pour ca que je ressemble à rien, que je suis un porte-manteau... Je sers les fesses, ca se voit pas : j'en ai pas. On rigolait. Je rentrais jamais dans ses fringues quant elle voulait me prêter "absolument un truc de dingue" qui était fait pour moi. Il me manquait juste 7cm, alors elle me faisait acheter des godasses impossibles pour me grandir. On rigolait. On mangeait des palmiers de la boulangerie d'en face, des énormes à 1,50francs. Tout chaud, tout frais. Elle disait à la première bouchée : Wouaw, ca va tout sur les fesses, je vais avoir du cul.
Elle passait son temps devant Charlie Chaplin quant elle ne travaillait pas. Elle avait un long tee-shirt, comme une robe, mais c'était un tee-shirt. Il était usé, déchiré, elle disait "c'est mon doudou", j'aime que ca sur ma peau, le reste ca me gratte, c'est pour ca que je ressemble à rien, que je suis un porte-manteau... Je sers les fesses, ca se voit pas : j'en ai pas. On rigolait. Je rentrais jamais dans ses fringues quant elle voulait me prêter "absolument un truc de dingue" qui était fait pour moi. Il me manquait juste 7cm, alors elle me faisait acheter des godasses impossibles pour me grandir. On rigolait. On mangeait des palmiers de la boulangerie d'en face, des énormes à 1,50francs. Tout chaud, tout frais. Elle disait à la première bouchée : Wouaw, ca va tout sur les fesses, je vais avoir du cul.
Nathalie. Tu disais qu'il y avait une étoile,
une pour chaque personne, que la tienne était bleue avec des rayons jaunes. Que
j'étais un ange. Que tout irait bien : bein oui, ca va Nana. Merci pour tout
encore.
Le 18éme, c'est remplit de riz, ca
sent l'huile, la friture. Il y avait des nouilles extra et sans porter à
confusion : la serveuse était au top ; Fleur, un bien joli prénom pour une
asiatique. J'enviais son sourire, à par ses lèvres qui s'étiraient, rien d'autre ne bougeait sur son visage jamais
maquillée. Une peau de délice. Pas de rides, jamais de cernes, magique.
Le matin, vers 6H, ils étaient tous devant de grand panneaux blindés de petits mots écrits en Chinois ou Japonais, ca discutait bien devant, ca regardait franchement ; et hop, au bout d'un moment : tout le monde partait. L'ANPE? Je n'ai jamais su. Ca m'inquiétait pas, je trouvais ca extra, je prenais un p'tit café, je regardais tout.
Une sorte de théâtre pas Nô, plutôt Made in Paris.
Je rentrais chez elle, j'avais mal au pied, au dos. Je dormais peu. Paris, le jour : on ne peut pas trop bien se reposer.
Le matin, vers 6H, ils étaient tous devant de grand panneaux blindés de petits mots écrits en Chinois ou Japonais, ca discutait bien devant, ca regardait franchement ; et hop, au bout d'un moment : tout le monde partait. L'ANPE? Je n'ai jamais su. Ca m'inquiétait pas, je trouvais ca extra, je prenais un p'tit café, je regardais tout.
Une sorte de théâtre pas Nô, plutôt Made in Paris.
Je rentrais chez elle, j'avais mal au pied, au dos. Je dormais peu. Paris, le jour : on ne peut pas trop bien se reposer.
Il fait trop
sombre, pas assez noir, ce n’est pas clair.
Tiens :
Claire, je ne la vois plus du tout, plus de nouvelles…
Claire,
s’est B.B. Comme Brigitte Bardo. Elle adore les animaux. Elle a un chiwawa,
c’est le plus petit chien du monde. Il a toujours froid, il se colle à ses
grandes jambes au moindre bruit, au moindre mouvement de n’importe qui, de
n’importe quoi, n’importe quand.
Elle a refait
sa vie ici. Je n’ai jamais su d’où elle venait.
Mais Claire,
c’est sa voix. Elle ne chante pas, elle ne peut pas. Elle mime. Sa voix s’est
comme un 33Tours, qui va au 75 ou 45Tours ; une autre vitesse, un autre
son, une musicalité difficile, elle ne parle presque pas. J’aime bien ses
silences. On fait souvent le marché ensemble, elle adore fouiner.
Un jour,
elle m’a dit qu’elle s’appelait Bruno.
Elle sait tout faire : les costumes,
leurs perruques avec les bigoudis, cracher du feu, les chorégraphies, les
chansons, les coups de balais à la fin des spectacles, barmaid, serveuse,
quoique la dernière fois j’ai demandé une menthe à l’eau, j’attends toujours…
menthe _ à _l’eau, non c’est difficile à retenir, ca fait 3mots… Elle aime
l’alcool. Trop.
Moi, mon
premier rôle dans ce spectacle, c’était de nettoyer la piste : j’avais un
grand balai, un beau costume avec des jambes musclées, fines avec ses maudits
talons. Le magicien sortait des foulards d’un tuyau, d’un cube, d’un rond…
Autrement dit : qu’est-ce que tu fous ? L’art.
Oui d’ailleurs quant on connait le truc,
le tour, c’est nul ! On est très déçu.
Le clou du spectacle : il transformait tous les
foulards en confettis !
Je
ramassais tous les confettis en 40seconde exactement pour le numéro suivant.
Oui, à l’audition ils m’avaient dit, vous n’avez aucuns talents mais vous avez
de belles proportions, passez aux loges, on a un costume fait pour vous, vous serez
payez à la chaise.
J’ai prit la
chaise.
Un artiste
ne vit pas pour vivre, il vit pour son art, c’est là le problème de sa vie.
vendredi 10 mai 2013
Perpignan.
-------------
En sortant
du Pub d'en face de chez moi, la physionomiste me dit "pousse-toi!".
Je ne savais pas qu'elle me parlait, je n'avais rien fait, j'attendais que la porte s'ouvre pour sortir de cette musique de naze, ses gens qui rient pour rien,... je n'avais rien bu, j'étais pas dans la même ambiance, j'étais extérieure à tout ça... là, je vois un gendarme, je l'ai déjà vu lui... j'entends un coup de feu : "couchez, couches-toi, coucher! cou-cher!". Je pense à ma fille, je l'entends qui pleure.
Zarah, si petite. Elle n'a que moi... vite, faut que j'y aille... je suis coincée. Non, j'ai un coup de fatigue. Je me retourne : vas coucher! cou-ches TOI!
(Encore?!)
Là, non!
Pas question : j'ai rien fait!
J'ouvre les yeux.
Je regarde partout, j'écoute... je suis nue, le lit est en vrac ; ca va : c'est calme. Je me lève. Je me bouscule un peu. Je ne me réveille pas trop bien...
Quelle heure? 3HOO.
Et puis : je remonte le drap, j'ai peur d'attraper froid...
Je ne savais pas qu'elle me parlait, je n'avais rien fait, j'attendais que la porte s'ouvre pour sortir de cette musique de naze, ses gens qui rient pour rien,... je n'avais rien bu, j'étais pas dans la même ambiance, j'étais extérieure à tout ça... là, je vois un gendarme, je l'ai déjà vu lui... j'entends un coup de feu : "couchez, couches-toi, coucher! cou-cher!". Je pense à ma fille, je l'entends qui pleure.
Zarah, si petite. Elle n'a que moi... vite, faut que j'y aille... je suis coincée. Non, j'ai un coup de fatigue. Je me retourne : vas coucher! cou-ches TOI!
(Encore?!)
Là, non!
Pas question : j'ai rien fait!
J'ouvre les yeux.
Je regarde partout, j'écoute... je suis nue, le lit est en vrac ; ca va : c'est calme. Je me lève. Je me bouscule un peu. Je ne me réveille pas trop bien...
Quelle heure? 3HOO.
Et puis : je remonte le drap, j'ai peur d'attraper froid...
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Sous le bras j'avais ma petite, et de l'autre, deux sacs.
Dans la bouche, le porte-clés de ma porte. Ma fille veut toujours les attraper,
et je tente qu'elle ne le fasse pas. Je lève les genoux, un par un. J'ai jamais
compté combien de fois il faut pour arriver jusqu'en haut. Ca risque de me
couper la dynamique.
Je respire bien toujours? Oui, oui.
C’est pas moi qui peine là.
J'ai un cul, mhuuum miam miam, purée : ca c'est un cul qui mange des chips mais qui est jeune! Il doit boire du coca avec du whisky aussi et des clopes du Perthus.
On est arrivé presque ensemble ; mais on ne va pas à la même porte.
Je vais à droite, elle prend la gauche.
J'entre et je ferme à clé. Elle claque la porte.
Yoyo and Cie est arrivé. Oui, Yoyo, car ca monte et ca descend. Sa copine au chien, c'est Stand, car elle reste monter la garde et sort un peu le chien, mais elle descend pas les poubelles.
Je respire bien toujours? Oui, oui.
C’est pas moi qui peine là.
J'ai un cul, mhuuum miam miam, purée : ca c'est un cul qui mange des chips mais qui est jeune! Il doit boire du coca avec du whisky aussi et des clopes du Perthus.
On est arrivé presque ensemble ; mais on ne va pas à la même porte.
Je vais à droite, elle prend la gauche.
J'entre et je ferme à clé. Elle claque la porte.
Yoyo and Cie est arrivé. Oui, Yoyo, car ca monte et ca descend. Sa copine au chien, c'est Stand, car elle reste monter la garde et sort un peu le chien, mais elle descend pas les poubelles.
Ca sent bon depuis peu : le
malabar, un produit qu'on met dans les toilettes ; je connais bien pour avoir travailler en restauration. Tu mets une seule goutte, tu
parfumes pendant 15jours. C'est cool. :-) J'aime bien Yoyo finalement, elle me
fait vivre dans un flacon de fraise pour les w-c.
----------------
C'est bien calme. Il est 15H00. Il y a du soleil et j'en ai
profité pour tout nettoyer. L'aménagement se fait dans deux jours, tout est ok.
Je m'y sens bien ici : un nouveau départ.
J'entends du mouvement, des voix : avant de partir, je vais dire "bonjour".
Elle ouvre la porte.
En pyjama. Un téléphone à la main qui clignote.
"Ouai, attends... oui?"
Hello, je suis la nouvelle voisine, j'aménage Samedi! Il va y avoir un peu de bruit... Voilà, je m'appelle Laure.
"Ha... Ok. (Sourire dents blanches)...." elle repousse la porte.
"Ouai, alors : tu disais?"
D'accord.
On sait ce qu'on perd, mais jamais ce qu'on trouve dans la vie.
Bon, ben... au revoir. Ravie de faire ta connaissance ; bienvenue! Heu.... comment on dit déjà?
J'ai dû la réveiller.
C'est vrai c'est toujours embêtant de déranger les gens quant ils dorment.
J'entends du mouvement, des voix : avant de partir, je vais dire "bonjour".
Elle ouvre la porte.
En pyjama. Un téléphone à la main qui clignote.
"Ouai, attends... oui?"
Hello, je suis la nouvelle voisine, j'aménage Samedi! Il va y avoir un peu de bruit... Voilà, je m'appelle Laure.
"Ha... Ok. (Sourire dents blanches)...." elle repousse la porte.
"Ouai, alors : tu disais?"
D'accord.
On sait ce qu'on perd, mais jamais ce qu'on trouve dans la vie.
Bon, ben... au revoir. Ravie de faire ta connaissance ; bienvenue! Heu.... comment on dit déjà?
J'ai dû la réveiller.
C'est vrai c'est toujours embêtant de déranger les gens quant ils dorment.
----------------------
J'ai encore rêvé d'elle.
C'est à croire qu'elle me rend heureuse.
Des fois, quant elle entre chez elle et qu'elle me prévient avec ses pattes d'éléphants dans l'escalier, ce bruit de tambour mal accordé, je vais voir Juda.
Oui, tout le monde l'a vu déjà lui.
Je matte? Oui.
Des fois, oups, ce n’est pas elle. C'est une autre fille. Je ne sais pas qui c'est.
Qui sait?
Une copine, bien sûr.
Ou la copine de sa copine.
Y'à que de l'amour et de l'amitié derrière cette porte.
Des gens normaux dans l'ensemble.
Chut ! Elle est là ce soir.... elle est entrée à 4H45, elle a parlé la fenêtre ouverte, le téléphone à la main.... ca à discuter, rigoler (ho ce rire!) et puis vers 16H, houlà : réveil en musique ; jusque-là maintenant : des gens normaux.
C'est à croire qu'elle me rend heureuse.
Des fois, quant elle entre chez elle et qu'elle me prévient avec ses pattes d'éléphants dans l'escalier, ce bruit de tambour mal accordé, je vais voir Juda.
Oui, tout le monde l'a vu déjà lui.
Je matte? Oui.
Des fois, oups, ce n’est pas elle. C'est une autre fille. Je ne sais pas qui c'est.
Qui sait?
Une copine, bien sûr.
Ou la copine de sa copine.
Y'à que de l'amour et de l'amitié derrière cette porte.
Des gens normaux dans l'ensemble.
Chut ! Elle est là ce soir.... elle est entrée à 4H45, elle a parlé la fenêtre ouverte, le téléphone à la main.... ca à discuter, rigoler (ho ce rire!) et puis vers 16H, houlà : réveil en musique ; jusque-là maintenant : des gens normaux.
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D'abord, il y a eu un léger tremblement qui a embarqué un
bruit de vaisselle. Un rire. Ho, ce rire! Ma fille a pleuré.
Un peu après, forcément : il y eu comme des coups de marteau sur du bois : ben oui, forcément, il faut réparer. C'est tendance de réparer des trucs la nuit.
Et puis, je sais plus après... j'ai rêvé de pleins de choses.
Des soirées pizza alors que j'en mange jamais, de mon chien (un boxer que j'avais à la campagne), du silence, de la salsa du démon, d'un couché de soleil avec un lever de jambes lesbiennes au Paradis des anges de l'amour (ca existe vraiment?), et puis des bouteilles de JB alors que je ne bois que de la Vodka pure, mon interphone qui sonne, ma fille qui pleure, un bruit, un Espagnol qui parle Français me dit qu'il comprends pas le Français, non mais? Un combat de boxe, une balle de ping-pong qui rebondie, un citron pressé...pffffff, que des conneries en somme... J'y ai rien compris... bah, les rêves c'est toujours une autre partie du cerveau qui échappe, mais revient pas forcément dans la bonne époque, le bon ordre, avec les mêmes personnes... j'ai oublié.
Et puis du coup, ca m'a bien réveillé tout ca : j'ai lu.
Mais je n'ai pas pu.
J'avais laissé un petit courant d'air ; le bonheur si dehors ca discutait pas si fort.
J'ai pensé à pleins de trucs, et du coup : hop! J’ai regardé ma fille dormir et je me suis enfermée dans l'atelier, en face. J'ai peints. Ma fille a rêvé aussi, je suis retournée la voir. Elle souriait, rigolait même.
3HOO du matin.
Descente dans l'escalier d'un troupeau de bison avec tout plein de Yoyo.
6H30, le réveil sonne.
Un peu après, forcément : il y eu comme des coups de marteau sur du bois : ben oui, forcément, il faut réparer. C'est tendance de réparer des trucs la nuit.
Et puis, je sais plus après... j'ai rêvé de pleins de choses.
Des soirées pizza alors que j'en mange jamais, de mon chien (un boxer que j'avais à la campagne), du silence, de la salsa du démon, d'un couché de soleil avec un lever de jambes lesbiennes au Paradis des anges de l'amour (ca existe vraiment?), et puis des bouteilles de JB alors que je ne bois que de la Vodka pure, mon interphone qui sonne, ma fille qui pleure, un bruit, un Espagnol qui parle Français me dit qu'il comprends pas le Français, non mais? Un combat de boxe, une balle de ping-pong qui rebondie, un citron pressé...pffffff, que des conneries en somme... J'y ai rien compris... bah, les rêves c'est toujours une autre partie du cerveau qui échappe, mais revient pas forcément dans la bonne époque, le bon ordre, avec les mêmes personnes... j'ai oublié.
Et puis du coup, ca m'a bien réveillé tout ca : j'ai lu.
Mais je n'ai pas pu.
J'avais laissé un petit courant d'air ; le bonheur si dehors ca discutait pas si fort.
J'ai pensé à pleins de trucs, et du coup : hop! J’ai regardé ma fille dormir et je me suis enfermée dans l'atelier, en face. J'ai peints. Ma fille a rêvé aussi, je suis retournée la voir. Elle souriait, rigolait même.
3HOO du matin.
Descente dans l'escalier d'un troupeau de bison avec tout plein de Yoyo.
6H30, le réveil sonne.
C'est rigolo.
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