mercredi 25 septembre 2013

Au village d'en haut.

Il arrive tout souriant, il arrête son véhicule, baisse la vitre et dit : "hé, je te dois un cochon!"
On le regarde. "j'en ai un dans le coffre... Tu le veux? sinon, je l'emmène à la ficelle, il est petit, il a cogné contre, je l'ai chargé... Attends, je reviens, je vais le pendre."


Il est content le gars, il a un cochon de campagne dans sa voiture.
Ici, on parle de vignes, de tonneaux, de cuves, de lapins, on a les yeux qui brillent tellement il y a du thym. Il fait frais un peu, l'air est humide, on sent la pluie mais elle ne vient pas, pas encore. Il y a le chien à côté, le fils qui est chez mémé, la terre qui attend sous nos pieds, l'eau qui se boit dans les paumes des mains à la source. Dans la roche, au milieu de rien, du romarin. Des mûres qui grillent si tu les laissent un jour de plus. Puis le silence du vent. Les hautes-herbes qui dansent avec les oiseaux.
Il revient.
Il arrête son véhicule.
"Eh, tu sais quoi? J'ai ouvert le coffre : il s'est barré ce con! (il sourit)"

jeudi 12 septembre 2013

Dans ta vie.

Tu veux tout savoir? Tu veux que je te dise... T'as peur. T'as la trouille de te prendre un râteau. T'as trouver une ampoule, tu veux brancher pour éclairer, t'as tout ce qu'il faut, sauf que t'as peur de prendre le cours-jus.
C'est nul.
Si tu penses que c'est la lumière de ta vie, éclaire-la. Dis-lui, elle le voit pas.
Ca sert à rien de penser, agit.
T'as tout à donner, sauf les mots. Laisses-toi aller.
Je t'aide ou pas là?

Il est triste.
Ses yeux bleus sont dans une vague. Il sourit pas. Il boit un verre de vin blanc.

D'un coup, il me dit : "mais je vais arrêter là."

Tu vas faire quoi? Dire à ta femme que tu n'es pas satisfait de cette vie, la tromper (bah, elle le sait bien), partir à Bilbao danser avec le petit chaperon rouge? Arrêtes de dire ça : je vais arrêter! Tu continues et tu prends ta bagnole, tu vas la voir, et tu lui dis : je sais bien que c'est toi la lumière de ma vie.

Il me regarde. Je le fixe.
C'est beau les yeux bleus, y a pas à dire.

Et après tu lui dis : je suis sérieux, j'ai envie de t'aimer, je veux être avec toi.

Si elle le voit pas là, elle entendra.


"Et après?"
Hé bien : je ne sais pas, vous sortez, vous faites l'amour, du jardin, des bisous, un bain, des câlins, de la tendresse... tu veux que je t'aide?
"J'ai la trouille du rejet."
"Hé bien, si il faut elle t'aime, elle voudrait bien et du coup comme t'es avec ta femme, elle croit que tout va bien, elle dit rien, elle te dévore, et tu le vois pas. Parce que t'es amoureux, et que t'es pas disponible, que tu dis rien, que tu montres pas.
"oui."
"Il faudrait te connaître ; elle te connait pas bien."
"Et après?"
"Après quoi?"
"Alors après... après, si tu dois tout prévoir c'est chiant tu sais. T'es triste tu sais. On aimerait te voir heureux. Quant tu la regarde : y à un truc. Elle le sait pas je te dis. Elle le voit pas. Une femme si c'est pas une garce ou une manipulatrice, si elle respecte ta vie, elle verra jamais l'amour caché d'un homme ; surtout si il est en couple. Elle est seule, déjà : t'as un souci en moins. Et puis, c'est pas une fille qui va partout, elle est bien. Profite!

Alors il allume une cigarette.

Il regarde je ne sais pas quoi, ni où.

Il dit rien.

Et le vent s'installe dans une mèche de mes cheveux.

"Tu sais, si j'avais pu te rencontrer avant elle, on aurait pu avoir une relation ensemble."


Là, j'ai eu un vide. J'ai enfilé mon maillot, prit ma serviette, j'ai étalé de la crème, j'ai construit un château de sable dans le bac à sable, avec une pelle, un sceau et un vrai râtau.





samedi 7 septembre 2013

Dans les rues

Boulevard. Avenue de la Gare.
Les gens, une pute de luxe, un type en vélo, je sais pas où tu es... je cherche. Un vélo blanc, un tee-shirt d'une marque de whisky. Je te vois pas. Tu m'as dit : je suis devant, je t'attend. Moi aussi.
Un type me demande "vous auriez un euro pour payer mon billet?" "ha non." J'ai une tête a avoir du fric moi, on ne demande qu'à moi, je l'ai souvent remarqué ça. Bon, je rentre dans les réservations, y à un vélo. Jaune.
Pas là le gars.
Je sais pas comment tu es : t'as l'air sympa. Très. On marche ensemble, enfin presque. Je te fais passer par là, c'est chouette les raccourcis, j'en connais pleins. Et puis ici, c'est vert. Besoin de campagne, de forêt, d'arbres. Quant je pense à tous ces livres qu'on épluche... ces litres d'encre marine qu'on utilise. La rétine des pupilles qui se débine. Les fautes de frappes qui tapent pas comme un coup de poing avec un gant de boxe. Les mots qu'on comprends pas et qu'on oublie de noter pour regarder le sens exact. Les mauvaises couvertures qui font froid. L'odeur d'un livre : ce que je choisis toujours quant j'en cherche lentement un qui me conviendrait. Le dernier que j'ai lu m'a fait chialer du début à la fin.

Avenue. J'en peux plus.
Le bruit, l'odeur, mes pieds, le dos, fait chaud.


Tout au bout, il y à le bistrot ; non, j'ai arrêté. Je n'y vais que par obligation. Ou alors si il y a du jazz. Ca sert à rien le jazz, surtout dans un café. Faut écouter, ça joue à fond : ils s'embrouillent pas les types avec leurs notes de musiques ; parce-qu'ils s'écoutent quant ils jouent.

Rue. Y'en a presque plus. Des petites. Des routes de charrettes. Même en poussette, c'est étroit. Quant tu penses qu'ici c'était une avenue, avec des commerçants, des écoles, des chevaux, des gens. Maintenant, il n'y a plus rien. de temps en temps, une femme jette un sceau par la fenêtre... Tu peux marcher dans une crotte aussi.
Non mais, la gare, j'aime bien. Les trains surtout. Ca me rappelle tous ces voyages. Ces notes. Les  plans. Les journaux. J'en ai lu, pfiou... dix heures de train, ça occupe. Sinon, faut dormir avec le bruit (et j't'emmènes, et j't'emménes...etc) souvent, dans le train c'est le monde qu'on trouve sur un siège.

La culture des fois c'est grave.

Le réveil marque 88 :88.

L’électricité a pété un plomb. On ne se lève pas aujourd’hui. On regarde le monde.
Depuis toujours, on me dit c’est la crise. Nous sommes des enfants de la crise.
On n’a pas de boulot, on s’inscrit sur pôle gla-gla, ce cher marchand du travail qui nous dit : tapez 1, tapez 2, tapez 3… tapez. Le 08, appel surtaxé suivant le coup de votre opérateur. Et pour ne plus écouter ce message tapez étoile. Tapez !
Sinon tapez sur un ordinateur quand on n’a pas d’argent pour en acheter un, même à crédit _ comme tous. Où le crédit remplace le crédit. Tapez le code magique.
Devant le collège, une gamine parle devant son écran tactile portable à 299,99euro. Sans forfait. Si jamais il tombe au sol... C’est la crise de nerfs.
On ne se parle plus, on se sms et du coup : on ne comprend pas.
« Tu es venue hier »
Euh… c’est une question? Où pourrait-on me voir si je n’y suis pas allée?
C’est les 35H du métro, boulot, dodo.
Le pouvoir d’achat est en baisse, on baise le logement, on bise par Skype, on boude en bus, on bouge au super marché hyper, on passe à la télé par sms, on pousse partout et on pisse en l’air.
On espère positiver au carrefour, on gifi rien aujourd’hui, on est cool, lol.
Vive l’Europe et ses batailles. Tous ces militaires engagés qui vont crevés, Français pour tirer, Européens pour se planquer. Les fonctionnaires sont les plus défavorisés ; ne voyez-vous pas que s’ils s’arrêtent de travailler, ils n’ont droit à rien ? Les pauvres. C’est pour ça qu’il faut vérifier s’ils ont bien fait leurs boulots : ils ne sont pas motivés. Ils n’ont pas envie de bosser. Faut passer derrière.
Enfin, restons à la campagne avec Martine. Sa vache n’est plus folle, ouf.
Du coup, on bouchonne ailleurs : les routes regorgent d’embouteillage, du co-voiturage au taxi de nuit, des agriculteurs aux routiers internationaux, du smicard au big boss, même les plus vieux des métiers du monde se trouvent au bord de la route.

On est bien obliger d’avancer si l’on veut s’en sortir. Sortir du lot. Un filet garni pour une retraite à 88,88 ans. 

LE DIABLE AU CUL

Il est impulsif. Des coups de têtes, voir des coups de gueule. Ca peut déstabiliser. Il est mal dans son slip. Quant il a l'amour devant...