mardi 9 juillet 2013

Chez lui.

C'est grand. Ce qui fait, que quant je suis dans la cuisine à chercher un plat qui convient : je dois monter sur la chaise pour le saisir. Mes yeux tombent souvent sur une photo de mariage encadrée dans le couloir ; c'est comme si ce cadre était puni. Il est là, dans la pénombre légère, il attend qu'on allume la lumière. Une fois, je l'ai décroché, il y avait ceci d'écrit :
 "Isabelle, putain quant j’te vois , j’ai les abeilles, j’te jure : t’es belle, tu m’énerve, suis toujours en veille
Ça picote partout, j’ai envie de miel, de tes cheveux, une tartine avec du beurre, j’te jure j’en chialerais de bonheur. J’veux ton cœur, j’ai les couilles qu’en peuvent plus.
Isabelle, putain qu’t’es belle, j’te roulerais des pelles et des tracteurs si tu voulais un peu, manger ta chatte, à genoux, comme un fou, j’m’en fou, suis fou.
Isabelle, sabelle, Isabelle … j’peux pas l’cacher.
Faisons nous des vacances, allons voir tes caprices au soleil, vivons à St Supplice
Pour que j’t’émerveille, si tu veux, de suite, oui vite, j’ai mal à l’orbite, le doute t’habite ? le doute, ma bite.
Tirons-nous mon hirondelle, viens voir mon nid, l’essaim, hooo oui tes seins aussi, j’ai les abeilles, Isabelle, putain quant j’te vois, je bande, j’ai la gaule, c’est comme le barreau d’une prison,  t’es dur, non c’est ça, enfin c’est là, tu vois ?
Tu comprends que j’peux plus attendre, j’ai faim, j’ai mal, t’es pas un casse-dalle non, c’est que ma mécanique elle en peut plus, suis pas un bon mécano,… Heu non-non suis pas crevé et tu s’ras jamais une roue de secours, au secours, aide-moi, aimes-moi ou m’aimes pas… non pas ça ! rhaaalala, Isa… J’ai des abeilles que pour toi.
J-P S."

 Rue du Savon. Avant j'étais à rue du Château. Après j'irais rue de Paris. Et puis plus tard : rue des Farines. Drôle de nom pour une adresse postale. Je refais l'appartement, oui : j'aime bien.
 Je préfère la peinture au ponçage, non, on s'en met dans les narines : c'est fou. Dehors, sur la terrasse, on a poser presque tous les meubles. C'est camping quatre étoiles ici ; la rue du savon a besoin d'un bon coup de dépoussiérage mais bon : on est content quant les murs sont bien blancs. C'est une belle lumière. Il y a une cheminée, il me tarde le feu dans l'âtre. Ces petites étincelles me font toujours mal aux yeux, mais c'est bien mieux qu'une émission de télé. Enfin, d'ici là... D'ici là, il a trouver une autre. 
Là, il a quitté cet appartement pour aller à l'autre bout de la terre. Et ici, c'est déjà ailleurs pour moi. Il aime l'art. Ce qui fait que je m'ennuies pas avec lui.



 On discute. 
Là, j'écris depuis ; plus envie de parler après lui. Il a cette façon décontractée de se tenir, de parler, relax. C'est que je n'en ai pas l'air, je suis une perpétuelle anxieuse. Je ne dis rien, je souries, mais l'angoisse me ronge. C'est ma nature. Il le sens toujours. Lui, c'est son mal de tête ; il aime alors poser un bandana autour, ca lui fait du bien. La dernière fois, il mangeait des raviolis, froids, je regardais le couvercle de la boîte ouverte et la fourchette plantée. Je lui tend son bandana. Il me regarde et me dit : ha merci! comment tu sais que j'ai mal à la tête? Je lui ai répondu : je l'ai senti, je ne sais pas, envie de t'aider aussi. C'est ca en fait, dès que tu commence à comprendre quelqu'un, tu te rends compte que t'es plus dans l'état d'esprit du bonheur. Embêtant ca hein? Deux semaines après, on s'est séparé pour ne plus jamais se revoir. J'ai gardé son bandana durant quelques temps du fait. Je l'ai perdu aussi, je ne sais plus où. J'ai aimé son odeur un temps, il y avait de la violette et du jasmin. Il aimait bien parfumer son appartement.

mardi 2 juillet 2013

Bruxelles

Ca, c'est pour ceux qui n'ont jamais cru en moi, ou ceux qui préfèrent mes échecs, ou ceux qui parlent en mal dans mon dos, trafiquants colporteurs de mensonges, arrangeurs de vérité, voleurs d'idées, hypocrites, vicelards, jaloux, égoïstes, faux amis, méchants et cyniques. Cette année, je n'ouvre mes bras qu'aux gens bienveillants, aux conseils constructifs, aux coups de mains nécessaires, aux visites inattendues, aux coups de fil sincères, même si c'est juste pour me demander 'quoi de neuf ?'. À la vérité, à la grâce, à la pureté d'esprit, à l'amitié, à l'amour, aux moments précieux. Tchin ! Vous voulez des confettis, ramassez-les ici.
Le pays du bon chocolat, des frites, Chez Flo : les artistes y sont de passages mais vous verrez des numéros extraordinaires. Dalida y vient, Madonna aussi, le sosie de Patricia Kaas ne chante pas mais elle danse avec des tétons pointus (sans y mettre de glace dessus), si je l'assure : je l'ai vu ; il y a Chochonet qui danse autour de Nina Hagen et Brigitte Bardot vient la semaine prochaine. Ca fait rêver non?
Si un rêve devient réalité, la réalité est un rêve. Si une réalité devient un rêve, la réalité peu devenir un cauchemar? Alors, on rêve. Les yeux ouverts parce-qu'on ne peut pas dormir. Les yeux clos aussi pour ne pas voir la réalité. On éteint la lumière à l'intérieur de soi pour y découvrir une parcelle de celui-ci ou celle-là. On allume le plafonnier de l'autre pièce, celle qu'on aimerait bien voir. On entend des bruits, la radio qui bidouille un air qu'on ne connait pas et pourtant... il sonne bien cet air bidon. On retourne au salon, on ouvre la porte, on voit la voisine et la directrice en train de dire qu'il faut bien se téléphoner de temps en temps. Une balle de ping-pong rebondie. Un citron pressé se glisse dans la baignoire rose, c'est beau, c'est frais, j'ai froid d'un coup.
 Je tourne, rata-tourne, me pose sur toi, je t'étouffe, tu me pousses pas et du coup : j'ai chaud. Je me mets en boule le long de ton dos. Je suis bien comme ca. Pas toi, du coup : tu tournes. Tu m'enveloppes comme une lettre que tu lis pas, dis pas. Demain est un autre jour et j'aimerais bien savoir si demain, c'est déjà pas maintenant. Maintenant, là, que c'est dit, c'est presque fait : le réveil sonne, je regarde les deux aiguilles : 6HOO. Déjà? T'es où? T'as jamais été là, pas plus que moi. Revenons à nous. La lumière passe par le volet, un filet. Il s'étale sur le mur : une grande ligne. Pas envie de dormir. Non, je tourne, je pense, je rata-tourne, je réfléchis, je...
Je pense à son cul. Et en fait, j'avais toujours regardé ses mains! Fines, expressives quant elles parlent, des longues phalanges, des ongles larges ; elles avaient l'air entreprenantes, douces sans aucuns doutes. Quant il fumait une blonde, je regardais. Il soufflait et je suivais sa main qui s'éloignait de sa bouche.
 Mais là, son cul devant, gros plan, premier plan, c'est bandant. Ben quoi : une fille sa bande aussi! Et donc, me voilà à épier son derrière. Et je pense bien après, à un exercice d'articulation : mais pourquoi Pépita m'épies-tu? C'est piteux de m'épier! de mes pieds... Non : de m'épier pourrais-tu te passer? Mais pourquoi dans les bois Pépita..." Mais pourquoi, oui tiens! Il a pas un super fessier, j'en ai vu des rebondis, musclés, épilés, moulés dans un futal... Il me plait. Il a le tee-shirt légèrement remonté et laisse apparaître le bas des reins. Ha j'adore quant il y a les trous sur les deux extrémités de la colonne. La marque du sacrum. Terrible comment j'aime voir ce truc. J'ai pensé à un chorégraphe qui disait "Lili, si un jour tu vois ces trous là... Tu pourras te dire que c'est un avantage de bien onduler avec... Toi, tu n'as pas ceci : tu n'as rien. T'es cambrée, fais attention à tes lombaires."


Mr beau cul d'un coup, il est face à moi, il me sort de mon fantasme de sacrum, enfin : du plan cul et me demande : "Lina, tu aurais une cigarette?
"Du tabac.
"Ha oui, j'ai oublié les miennes : tu m'en roule une?
Oui mon amour, tout ce que tu veux je pense. J'aurais préféré un câlin, Tu veux une cloppe : n'en parlons plus. Ca roule.
"t'es gentille." Oui, c'est le problème. Quant un mec qui te fait rêver une seconde te dit : "t'es gentille", c'est que tu l'intéresses pas du tout. Mais pourquoi, dans les bois...
Ils sont partis : jeunes, trop jeunes. L’alcool, la maladie, les problèmes d’identité, la solitude ou les excès ont violemment joués de leurs vies. Il n’en reste plus que quelques photos, de vieux souvenirs.
Perdre un ami est toujours une douleur, il nous manque. Y à que la mort qui fait cette délivrance dans leurs états finals.  On ne saura jamais derrière ce masque de faux-cils, de paillettes et de fards, le choix de leurs actes face à vous. 
Un choix de vie : la scène avant tout. Il était chouette ce type, je me rappelle plus son nom, ni son prénom, enfin son pseudo. Il était toujours derrière les lumières, avec des fils, des jacks, des rouleaux de rallonges et quelques fois en haut de l'échelle. Un soir de grand spectacle, il m'avait dit : "tu es très belle Lili." en se croisant dans le couloir de l'autre côté.
C’est un monde où l’on ne dévoile pas sa vie.
C’est peut-être pour cela qu’on part avant les autres de la vie.




LE DIABLE AU CUL

Il est impulsif. Des coups de têtes, voir des coups de gueule. Ca peut déstabiliser. Il est mal dans son slip. Quant il a l'amour devant...