lundi 10 décembre 2018

Bus 2019

C'est long. Je ne peux pas lire, ça me donne envie de vomir. Suis à contre-sens de la marche.
Pas moyen de trouver ma place.
Adieu la vie : Maître Gims en boucle-featuring_le chauffeur siffle un ton en dessous depuis 20 minutes.
  Au'secours.
TF1, hier soir. Toutes ses publicités machismes et moches en plein milieu de n'importe où, et là, des affiches géantes dans les avenues, les décharges cachées, la tête de mon banquier, les champs morts ou dévastés, les nouvelles voitures où tu ne peux pas changer une ampoule, les numéros machines qui  te répondent au téléphone, les plateformes offshores, l'abrutit de première classe : mon assureur. Ho : les superbes fruits et légumes du super hyper marché!
La durée de vie de ce qu'on achète.
Mon pays, c'est du placement de produit.
Je suis un mouton, je n'ai pas envie de devenir un bœuf.
Depuis internet, ça va fort. Même si on nous oblige pour l'environnement. Pascal Négre, en 2001 nous disait : on s'en fout d'internet : ça ne marchera jamais!
Ce soir, je vais à la banque : devant mon ordinateur, j'ai le mot de passe.
Et tout est comme cela.
Tu n'as pas la télévision parce que tu privilégies les dvd, les blue ray : paye la redevance! mais enfin, merci à Claire Chazal : on est épargné de sa nomination au Ministère de la Culture.
A tous ces petits drapeaux multicolores qu'on retrouve sur le béton un lendemain de fête Nationale, partons voir les arbres, ils nous donnent de l'air. Ça aide.






jeudi 26 juillet 2018

La maison du bonheur

Il y avait une odeur de lavande. Elle était forte à chaque fermeture ou ouverture de placard, de tiroir.
Avant d'entrer un banc de pierre était posé devant un jardinet de pommier d'amour. On pouvait s'y asseoir le soir à la fraîche et sentir encore le soleil qui avait chauffé toute la journée ; on regardait les gens passés. En campagne, les gens se saluent, en ville non, du tout.
C'était la ferme de famille d'un paysan et un couple l'avait rénové, puis elle a été revendue.

Un beau sol pleureur longeait le ruisseau derrière le côté Sud, et la terre avait été faite pour y potager : une terre argileuse où de belles tomates, des radis, des concombres, des potimarrons et quelques fois deux ou trois rangées de haricots verts et jaunes s'y plaisaient sans trop d'efforts.

A certaine période de l'année, on pouvait voir furtivement un écureuil qui traversait le jardin à toute vitesse pour aller dans la pinède voisine.
Il y avait cette grange, avec ses hauts plafonds, derrière une baie vitrée voilée de coquelicots ; un atelier s'y trouvait ; le soir, à travers les voiles,avec les lumières on voyait des ombres gigantesques : des flashs, des déplacements incessants et on pouvait imaginer un studio de photographie.
C'était bien plus.
Ici, les couleurs et les visages n'ont pas de noms.
 Il n'y a aucune porte qui laisse passer un son.
On ne parle pas, on observe.
Chaque mouvement, le geste qui s'en résulte sont précis, qualitatifs.
Il n'y a pas besoin de feux d'artifice, c'est un spectacle d'objet dans des boîtes, des caisses : de la plus petites sur une table avec des perles dedans, à la moyenne avec des tubes de peintures, des plus grandes avec des toiles de coton, une autre des vêtements.

On y trouve ce qu'on ne cherche pas dans une boutique, on y cherche ce qu'on voudrait et souvent on ne le possède pas, on y perd du temps, on y gagne peu.

Le bonheur ne s'achète pas.

C'est une pièce à vivre aussi où l'on peut prendre le thé avec une pâtisserie maison, puisque le téléphone sonne et qu'on peut venir avec son cœur pour voir, se voir.




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💋

jeudi 29 mars 2018

Savoir aimer, c'est aussi savoir dire "Non".

Je n'ai jamais été pour. J'ai toujours voulu essayer.
Je ne suis pas la seule. On a tous dit "Non" ; enfin, pour la plupart d'entre nous.
On a dit "Non" dés le premier âge. Puis quant on a suivi les copains et leurs copines, on a dit : ouai, ok, mais on est rentré chez nos parents avant  l5H et on ne l'a pas fait. Plus tard, on a découvert l'Europe, la politique, les sentiments, la bienveillance, les 35H : on a dit : ho non!
Quant on te parle d'amour, de solidarité, .d'acte _j'aime bien ce mot_, l'humanité dit oui, entièrement dévouée, pleine de bon sens. Mais non.
On est tous passé par là : un ami qui ne répond pas à ton invitation, une autre personne aussi : jamais tu ne te serais douté d'une telle hypocrisie de sa part. Et pourtant, tout le monde positive.
Parce que le positif enveloppe le négatif pour le placer dans un coin pour que tu crois que c'est bien.


Il y a tellement de choses, de gens qui t'emballent tous ça si bien, oui c'est joli en fait, mais rien que ça. Pas plus. Ça, c'est pas un acte. C'est un bordel organisé.
Aimer, c'est se surpasser.
S'aimer soi-même avant tout pour pouvoir le faire et offrir, découvrir l'acte et le dépasser.

A l'heure des avions à réaction, des robots ménagers, des jeux interactifs dans le monde virtuel, des voitures électriques, des crédits à la révolving bang bang, de la solidarité du nombril et de l'ombre que l'on se fait tous les jours, sans même s'en rendre compte, je crois en l'intelligence de l'amour. Nous y croyons tous, nous le cherchons plus ou moins et un jour, il vient en douceur, il est bienveillant et il y a une contamination du NON.



vendredi 9 mars 2018

19°

On a tous des choses inexplicables.
On se tire la langue devant la glace, on a peur en voiture alors on met la musique à fond, volume 22. On a le vertige, on tente de grimper aux arbres sans cesse devant l'immensité de la racine.

Chez elle, c'est toujours l'attirance des personnes qui ne sont pas compatibles ; ses sentiments profonds et sincères l'entraînent vers le mauvais choix.
Elle a tout le temps des amours défectueux.
Ce n'est pas rare, tout le monde s'y perd, quelquefois pour se trouver aussi_se retrouver.
Non, elle, s'est encore autre chose. Elle déteste sa vie, son boulot, elle est persuadée que l'astrologie est une science mathématiquement contrôlée ; sauf que dans la vie, les calculs ne se font pas. Un destin, pour le changer, faut s'accrocher.
En définitive, elle a cette faculté inouïe de craquer pour des hommes qu'il ne faudrait pas. Ceux du genre : "Je peux pas, je sais plus ou je te rappellerai".
Il y a plus d'une étincelle dans son battement de cœur à chaque fois qu'elle me parle de lui.
Lui, il semblerait qu'il ai de l'admiration pour sa chatte, pas plus_ à croire qu'il aime les poils ;
Elle aime les animaux.
Elle a mi à jour un statut de 175 "j'aime" sur Facebook : une photo d'un chat qui se regarde dans un miroir. Cela ne veut rien dire : elle insiste.
Il a un beau regard et quant il l’appelle par son prénom, elle frissonne déjà.



Elle lui a dit : pour toi, j'irais au bout du monde ; il lui a répondu qu'il aimait la terre : non merci.
Elle est perdu sans lui, elle veut connaître sa vie, ses échecs, sa cicatrice au coin de l’œil, son histoire, comment il vit, qu'on lui parle de lui. Lui, il dit rien. Ho si : de temps en temps, il partage une photo, elle aime, elle l'imprime, la met dans une boîte au fond d'un tiroir.
Ne faudrait il pas qu'elle parle d'avenir? Qu'elle regarde ses blessures dans son cœur? Qu'elle caresse dans le sens du poil cet animal qu'elle adore?

Il lui fait perdre la boussole ; elle a l'aiguillage qui dégringole, un System endommagé. C'est comme un virus. Faudrait l'aider.
Monsieur "je peux pas" l'attire, il veut rester au Sud, elle est au centre.

Je la regarde, je la ferais reine. Moi, si j'étais un homme.

 C'est parce que l'inexplicable est beau, qu'il est inutile de saisir des mots. Il faut passer à l'acte, sans en avoir ou connaître le sens.
Elle a tout plaqué, il a tout prit, elle n'a rien raté et il en est éprit.
Il n'a pas dit "Je ne veux pas".

💗💗💜💜💜💜💜

L'avenir ne se prédit pas, il s'imagine.



lundi 15 janvier 2018

A nos 17 amours fantômes.

J'arrête pas de sentir tes bras. Ça serre, ça palpe, ça fait moite un peu, parfois c'est doux ; souvent. J'aime tes paluches.
J'ai la tête vide. Suis comme une clocharde. J'aime tes cheveux qui ondulent, pas ta barbe non, pas la moustache : ça pique, ça gratte, j'ai toujours des boutons avec. j'ai éteint la lumière, suis planquée sous les draps, j'ai pas chaud _ un peu froid sans pyjama.
On dit rien. Tu penses à quoi? A moi? A nous? Des fois je me dis que j'ai raté tout. Et puis je te sens là. T'es là?  J'arrête pas de sentir tes bras. Ça serre, ça palpe, ça fait moite un peu, parfois c'est doux ; souvent. J'aime tes paluches.
Je pense au jour où tu viendras, en haut de l'escalier : Tu lui remettra ton paquet. tu reprendra ta mallette et tu repartira. Ma fille te dira : elle est pas là maman.

J'ai retrouvé ton bouquin, celui en édition limitée en haut de l'escalier.


La voisine me dira ton allure le soir : un beau garçon, brun, avec une belle voiture rouge. Il n'est pas resté longtemps. Il a dit qu'il appellerait la prochaine fois.


Je sais plus ton prénom : Gérard? Serge? Frank? J'ai oublié.





Suis comme une clocharde avec le souvenir grandiose d'un amour à sens unique. Les fantômes me guettent ; j'essaie de ne pas tomber dans le caniveau du jeu du chat et de la souris.
je viens d'en haut et il m'est impossible de faire le sens inverse.
Faut s'en foutre des prénoms un peu ; faut juste s'en balancer comme un fil d'araignée qui a trop vécu dans le vent et la pluie.
Faut oublier les gens qui font de leurs vies des photos presse papiers, des ringards de champs Elysès. Faut pas oublié le temps perdu, ça compte ça.
Faudrait juste retrouver le temps pour remettre les pendules à l'heure de 20 ans.

Fais le.



Le type, en face de moi là, j'avais envie de lui dire "je t'aime".
J'aime pas les flics
7 ans de bergerie, à surveiller mon seul mouton, c'est récurant  :
lui, en 10 heures, i
l écrit derrière son écran un papier important, il met un point sur une virgule de 7 ans ;

la virgule ira plus haut pour y 
mettre un point.


Avec mes lunettes de super woman, les rayons suivent ses lignes :
suis fatiguée, je voudrais lui dire plein de choses à rajouter...
pas envie, j'ai la tête en tracteur,comme un hélicoptère, un bazooka à réaction propulsion de fusion pétrolière, tellement j'en ai marre, crevée, vidée, usée.
Le matin, quant je suis entrée aux commissariat, hors de moi, je l'ai croisé. Il avait la bouche ouverte, les yeux fixes. Je criais pour ne pas mettre mon fulguropoing dans la tronche du con, mon pied pointure 39 dans les couilles du super con, une gifle, faire une baston. Mais faut pas taper sur un imbécile, ni parler à un connard, parce que il est et le restera.
C'est lui, il m'a reconnu. Avec son pull marine.
Suis pas physionomiste du tout, ça m'a causé de nombreux problèmes jusqu'ici, mais là : avantages. Il a un costume bleu marine, un badge, la force, l'ordre. J'ai rien, suis démunie de solution, de frustrations, de décision. C'est ma moitié d'une heure environ ; j'en profite pas.
Respect le type. Il a tout compris de ma situation. Il fait son boulot. Enfin quelqu'un qui capte la bergère, il a saisit mon environnement, il a atteint ma grâce.
Il est super calme, je suis hyper lasse. Tant d'énergie! Je me sens coupable du coup ; il a autre chose à faire : des voleurs de voiture, des braqueurs de maison, une alarme qui sonne, une identification de photo à faire, son téléphone sonne sans arrêt. Il en a un dans sa poche, avec une musique moderne.

Il me dit qu'il est enrhumé, qu'il ne peut me serrer la main ; j'aurais voulu l'embrasser et 6 heures après, j'y pense. Je ne sais même pas son nom, son prénom.
J'ai appelé le 17, il a ouvert la porte.




LE DIABLE AU CUL

Il est impulsif. Des coups de têtes, voir des coups de gueule. Ca peut déstabiliser. Il est mal dans son slip. Quant il a l'amour devant...